Test : Spec Ops The Line

Tester Spec Ops The Line en immersion, perché au sommet d’un gratte-ciel de Dubaï, certains vous diraient que ça n’a pas de prix… Sauf que si, ça en a un, et ce n’est pas donné. Du coup, on vous a fait un test en immersion depuis une cave parisienne, à 5 mètres sous terre. C’est presque pareil.

Franchement, si vous nous aviez demandé il y a quelques semaines ce que l’on pensait de Spec Ops The Line, on vous aurait répondu : "oui, oui, on n’en a vu quelques morceaux, ça a l’air sympa"… Dès lors, vous auriez, en lecteurs avertis, enlevé la retenue et cette forme de politesse que l’on conserve vis-à-vis d’un jeu qui n’est pas encore sorti, et vous auriez traduit la chose par : "bah, écoutez, on l’a essayé… que dire… c’est un third person shooter pas très original, c’est bourrin à souhait, et c’est rempli de scènes de violence gratuite dont on se serait bien passé juste après l’heure du déjeuner". Il faut dire que le développeur, lors de nos précédentes sessions de jeu, avait multiplié les exemples de scènes gores pour bien insister sur l’approche très mature de la narration. Or, il faut bien l’avouer, présenter le jeu sous cet angle revenait à donner une vision quelque peu biaisée du titre.

Au-delà des apparences...

Bien sûr, comme tout shooter militaire qui se respecte, Spec Ops The Line dispose de quelques scènes de violence, ou de tortures assez crues. Cependant, une fois confortablement installé aux commandes du jeu, on réalise rapidement que cet aspect est très loin de représenter à lui seul l’ambiance « mature » que l’on souhaitait nous vendre. Par exemple, le cadre de l’aventure, une ville de Dubaï isolée et ravagée par des tempêtes de sable, sera judicieusement utilisé, pour créer un sentiment d’isolation vis-à-vis du reste du monde. Précisons d’ailleurs que si cet aspect huis clos est si agréable, c’est aussi parce qu’il tranche avec une vieille tradition du shoot « à l’américaine », qui consiste à nous abreuver d’élans patriotiques jusqu’à l’écœurement.

Spec Ops 01 Spec Ops 02

Ici, dans cet univers loin de tout, on oubliera très vite notre appartenance à un pays pour s’attacher à la mission qui nous aura amené ici : retrouver un vieil ami disparu. Plus anecdotique, on pourra aussi noter l’importance de ne pas tirer sur tout et n’importe quoi. Les munitions étant une denrée rare, chaque coup compte, et même en faisant attention, on se retrouvera plus d’une fois à courir de couverture en couverture à la recherche d’un chargeur plein. Dernier exemple de maturité, les dialogues avec nos deux compagnons, les soldats Lugo et Adams. Outre les informations précieuses qu’ils nous fourniront lors des combats, comme de nous prévenir si un adversaire cherche à nous déborder, ils nous feront partager en direct leurs peurs et leurs doutes, dans l'espoir de nous pousser à une « réflexion philosophique sur la guerre et ses conséquences », dixit le développeur. Bon, on peut vous avouer qu'on est pas aller jusque là, mais l'ensemble reste très prenant malgré tout.

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Et si l’immersion dans l’aventure fonctionne si bien, c’est aussi, n’en doutons pas, grâce aux efforts consentis sur la réalisation, en tout point impeccable. Notamment, les effets liés au sable, qu’ils soient le fait de tempêtes ou de simples bourrasques sont d’une extrême finesse. Également, la notion de verticalité sera largement mise à contribution, pas forcément dans les phases de combat, mais plus en termes d’exploration. Ainsi, le jeu nous offrira de vrais moments d’extase, lorsque l’on se retrouvera, au détour d’un mur détruit, devant une vue plongeante de Dubaï à moitié ensablée. Enfin, les personnages, les visages (notre capitaine Walker a des petits airs de Commandant Shepard, vous ne trouvez pas ?), les décors, sont tous taillés avec soin, une beauté qui ne se fera d’ailleurs nullement au détriment des performances, comme nous le montre les mesures présentées ci-dessous. Le jeu tourne sans à-coups, et ce, même sur des configurations modestes.

Spec Ops LD Spec Ops HD

De gauche à droite : réglages au minimum puis au maximum

Spec Ops Bench

A titre indicatif, nous l’avons même testé sur un portable doté d’un circuit graphique ATI HD 4850 (plus de première jeunesse, donc), et en sacrifiant un minimum d’options, on arrive à un compromis tout à fait satisfaisant. Et en bonus, malgré un rating encore absent et sans profil dédié, Spec Ops se paie le luxe d'obtenir un rendu sous 3D Vision tout à fait honorable, y compris au niveau de ses fameuses ombres qui nous posent tant de problèmes habituellement. Tout au plus pourra-t-on signaler quelques clignotements de temps en temps (c'est rare), et une nécessité de ne pas abuser de la profondeur (15-20% c'est bien), sous peine d'impacter la qualité de la visée. (A cette adresse, vous trouverez quelques captures 3D qui vous donneront une idée plus précise du rendu).

Spec Ops 03 Spec Ops 04

J'vais t'apprendre à écouter aux portes, chien d'infidèle ! (Spotted !)

Quant à la partie action, elle se montrera tout à fait convaincante, elle aussi. Les séquences de gunfight sont nerveuses, précises, et parfois même tactiques. En effet, les zones de combat s’avèrent relativement larges, ce qui laissera tout le loisir à l’adversaire de tenter de vous déborder, et croyez nous, c’est un plaisir dont il se privera rarement. De votre côté, vous pourrez indiquer à vos soldats quelle cible privilégier, histoire de vous créer des ouvertures pour progresser. C’est en mode « mission suicide » (le troisième niveau de difficulté sur quatre disponibles, le niveau par défaut étant le second) que nous avons trouvé le meilleur compromis en termes de challenge, l’IA multipliant alors les fourberies, tirs de couverture, grenades flash, et contournements agressifs inclus. Notons enfin que Spec Ops The Line est le premier TPS que nous testons qui ne nous oblige pas à nous accroupir bêtement devant un obstacle, avant d’avoir le droit de l’enjamber. Joie !

Spec Ops 09 Spec Ops 10

Spec Ops 13 Spec Ops 15 Spec Ops 14 Spec Ops 18

Finalement, le plus gros défaut de ce jeu sera sans aucun doute son côté one shot. En dehors de la campagne solo, qui vous occupera une grosse dizaine d’heures (en mode « mission suicide »), il faut reconnaître que le jeu n’aura pas grand-chose d’autre à proposer. Le mode multi se révèlera extrêmement classique (un peu de compétitif en équipe, un peu de coop dans un mode où l’on devra résister à des vagues d’adversaires), et proposera de faire monter en grade un soldat virtuel, avec tout ce que cela implique en terme de déblocage de nouveaux équipements. Également, on pourra regretter que le développeur n’ait pas pris la peine d’insérer quelques éléments de gameplay supplémentaires qui aurait pu donner un peu plus de corps au titre : de vrais choix moraux (il y en a quelques-uns, mais ils ne sont nullement significatifs pour votre progression), ou une petite touche de RPG. Enfin, certains scripts paraîtront un peu lourdaux, avec une mention spéciale aux deux ou trois qui feront poper des ennemis en continu jusqu'à ce que l'on comprenne qu'il faut arrêter de les buter et progresser un peu. Quoiqu’il en soit, Spec Ops The line reste un divertissement très agréable, une aventure que l’on prendra plaisir à découvrir, après quoi on passera à autre chose, sans regret.

LE VERDICT

Les plus
  • Techniquement impeccable
  • Ambiance excellente
  • Phases de shoot bien maîtrisées
  • Narration très réussie
Les moins
  • Une campagne solo et puis s’en va
  • Quelques scripts douteux

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Publié le Modifié Par David Vandebeuque
Catégorie : Jeux Vidéo
6 commentaires
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