Test : TERA

Alors que TERA vient de fermer les portes de sa bêta ouverte, nous en profitons pour vous livrer nos impressions sur ce titre qui pourrait marquer le renouveau du MMO coréen.

Peut être ne le saviez vous pas, mais TERA n’est pas tout à fait un nouveau venu dans le monde des MMORPG. En fait, il est déjà disponible en Corée depuis le mois de janvier de l’année dernière, où il connaît un succès tout à fait honorable. D’où cette question qui nous taraude ici, à la rédaction : pourquoi le titre a-t-il mis tant de temps pour s’exporter jusque dans nos contrées ? Évidemment, on n’est pas des lapins de six semaines, et on se doute bien que ce genre de transfert ne s’opère pas d’un claquement de doigt, seulement voilà : en 2011, le titre aurait eu un véritable boulevard pour imposer son style, entre un Rift et un SWTOR qui lorgnaient avant tout sur les parts de marché de World of Warcraft.

Alors qu’en 2012… Comment dire… Il va lui falloir une bonne paire de "corones" en acier trempé pour résister à la caravane de poids lourds qui s’apprête à lui rouler dessus : The Secret World, Guild Wars 2, Diablo 3, Pandaria. Il faut reconnaître que niveau concurrence, on a rarement fait plus massif. Enfin bon, ce qui est fait est fait, reste à voir maintenant si notre outsider garde malgré tout quelques atouts dans sa manche.

Aux origines du mal

Sur le fond, TERA marque en tout cas un retour aux bases du MMORPG : un monde heroïc fantasy dans la plus pure tradition asiatique, avec ses chevelures ébouriffées, ses cohortes d’elfes, ses charmantes boules de poils, et ses démons tout en muscles. Le système de quêtes, également, est un modèle de classicisme : on vous invitera au travers de petites fenêtres de dialogue à aller exterminer des wagons entiers de créatures qui n’en demandaient probablement pas tant, tout ça pour gratter un maximum d’expérience et de loot. Et côté classes de personnage, ce n’est pas beaucoup plus original : elles seront au nombre de 8, et se répartiront équitablement des rôles maintenant bien connus des amateurs, entre tank, soigneur, et DPS au corps à corps ou à distance.

Et pourtant. Contre toute attente, ce MMO, il a du charme ! Dès le début, par exemple, on note tout de suite cette bonne idée de nous faire vivre une petite phase d’introduction aux commandes d’un personnage de niveau 20. C’est tout bête, mais ça permet de se familiariser avec les futurs pouvoirs qui nous attendent, et de nous rendre rapidement compte si notre choix de classe se marrie bien avec notre style de jeu.

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Un peu plus tard, et toujours au chapitre des bonnes idées, on découvrira que le fait de récolter des ressources nous octroiera des bonus temporaires, comme une vitesse de déplacement améliorée, ou une meilleure régénération des points de vie ou de la mana. Il est vrai que le crafting reste souvent une activité longue et fastidieuse, qui a peu d’impact sur nos performances au quotidien. Avec TERA, la gratification devient plus immédiate, donnant au joueur une vraie raison de s’y mettre. Quant au gros atout séduction du jeu, il apparaîtra avec nos premiers adversaires, au travers du système de combat.

Sans audace, pas de gloire

Pour vous donner une idée de la chose, les affrontements dans TERA se situent à mi chemin entre ceux d’un Vindictus, plutôt orienté beat’em all, et ceux d’un MMO classique, comme World of Warcraft. Plus concrètement, le joueur contrôlera les déplacements de son personnage au clavier, tandis que le curseur de la souris se transformera en un réticule de visée, qui va servir à orienter les attaques : si vous êtes un archer, il déterminera le point d’impact de vos flèches. Si vous êtes un guerrier, il indiquera la direction dans laquelle vous allez lancer vos frappes. Dès lors, vous ne ferez plus mouche que si vous avez correctement aligné votre cible auparavant. De plus, chaque classe disposera dans son arsenal de compétences d’esquive ou de parade. Évidemment, tout cela s’enchaînant de manière fluide et quasi instantanée, on comprend rapidement que l’époque où l’on restait planté comme un poteau à balancer les mêmes rotations de compétences en boucle pour vaincre, est révolue !

Dans TERA, il faudra rester attentif, bouger, esquiver, et viser avec précision, notamment dans le cas des classes à distance, qui trouveront dans cette nouvelle forme de gameplay une seconde jeunesse. D’autant plus que vos ennemis feront preuve pour une fois d’un certain sens tactique : les mobs s’écarteront, ou effectueront un mouvement de côté lorsqu’ils vous verront charger une attaque puissante, ou un sort de zone. S’ils sont plusieurs, ils pourront également opérer des mouvements de contournement, ou s’interposer pour protéger leurs camarades. Des comportements qu’on a peu l’occasion de voir dans un MMO, et qui prendront véritablement toute leur mesure à partir du niveau 20. En effet, ce seuil marquera un palier en termes de difficulté (et de fun !), avec l’apparition des premiers gros boss (certains adversaires sont vraiment gigantesques, comme le démon Karascha, ou Vulcain Sang-lié, qui conclut la première instance Bastion de Lok), des premières quêtes de groupe, et des moments souvent épiques qui en découleront.

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Évidemment, le système n’est pas parfait, notamment parce que ce mode de combat interdit l’utilisation de la souris pour actionner les compétences, puisque celle-ci est réservée à la visée. Dès lors, pour jouer dans de bonnes conditions, un matériel type Razer Naga (cf. le test du modèle Hex), sera quasi indispensable à moins de choisir l’option pad, prévue par le jeu, mais moins précise à notre goût. Toutefois, correctement équipé, l’ensemble s’avère rafraîchissant et très agréable à l’usage, compensant largement le classicisme de la progression.

Unreal !

En outre, il y a un point que vous n’aurez pas manqué de noter : l’univers, s’il n’est pas très original, profite d’un rendu visuel absolument magnifique, aidé en cela par la qualité de son moteur, l’Unreal Engine d’Epic, encore lui. Les décors sont variés, colorés, doté de nombreuses animations, comme ces bourrasques de vent qui font plier les arbres, ou ces petits tourbillons de sables qui apparaissent dans les régions désertiques.

D’ailleurs, au-delà de l’aspect simplement visuel, le moteur apporte également une touche supplémentaire au combat, en intégrant une gestion des collisions : plus question de passer au travers d’un autre joueur, ou d’un mob, un détail qui là encore, aura son importance dans les phases de groupe.

Pour terminer sur le chapitre graphique, notez que le jeu offre une compatibilité correcte avec le système 3DVision, même s’il vous faudra faire une croix sur les options d’ombres, qui génère des clignotements pénibles au niveau du personnage (pour ceux qui aime les elfettes dévêtues et en 3D, courrez à cette adresse, on vous a fait quelques captures).

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Deux scènes, avec les détails graphiques au minimum à gauche, et au maximum à droite.

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Fin de la route ou début du succès ?

Reste à aborder un dernier point : le jeu tiendra-t-il la route côté endgame ? Comme d’habitude sur un MMO, il faudra attendre avant de se prononcer, cet aspect dépendant énormément de la ferveur de la communauté qui va se constituer. Toutefois, grâce justement à son système de combat attrayant, le jeu dispose à ce titre d’un potentiel probablement bien supérieur à SWTOR, par exemple. Les instances sont déjà nombreuses (une quinzaine au moment de la phase de bêta ouverte), et pour les deux que nous avons pu explorer, le Bastion de Lok, et le Manoir Sinistre, elles sont très réussies (une remarque à ce propos : un outil de recherche de groupe devrait être disponible à la sortie du jeu. Joie !).

Également, on trouvera régulièrement sur notre chemin des zones remplies de créatures élites, à négocier en groupe, et qui seront autant de mini challenges pour le joueur. Le jeu générera aussi des événements PvE, appelés Nexus, où la communauté devra se serrer les coudes pour faire face à une invasion de démons (ça rappelle beaucoup le système de faille de Rift). La partie PvP ne sera pas en reste, avec des champs de bataille qui verront des équipes de 5 ou 10 joueurs s’affronter, dans trois modes de jeu : Deathmatch, Capture the Flag, et King of the Hill. Enfin, pour les plus impliqués, un système politique devrait permettre à des guildes de prendre le contrôle de certaines régions, pour en modifier les lois, accéder à des quêtes inédites, ou déclencher des guerres avec les voisins. Non, clairement, le jeu ne manque pas de potentiel, et pour peu que le MMO soit un genre qui vous botte, on ne peut que vous conseiller d’aller faire un tour sur ce titre pas très original sur le fond, mais très réussi sur la forme.

Un petit montage de vidéos de jeu maison pour vous donner une idée de ce à quoi ressemble TERA :

(Une dernière précision : ce test ayant été réalisé à partir d'une version bêta et compte tenu du peu de temps que nous avions, l'analyse des performances graphiques fera l'objet d'une mise à jour après la sortie officielle)

TERA - Sortie le 27 avril 2012 - Environ 50€ (60€ en version collector) + 13 € / mois
Config' minimum : Processeur dual core 2 GHz, 2 Go de RAM, carte graphique NVIDIA GeForce 7600 or ATI X1600 Pro avec 512 Mo de RAM, 25 Go d'espace libre sur le disque dur
Config' recommandée : Processeur dual core 2,66 GHz, 2 Go de RAM, carte graphique ATI Radeon HD 3870 ou NVidia Geforce 8800GT avec 512 Mo de RAM, 25 Go d'espace libre sur le disque dur.

LE VERDICT

TERA est un MMORPG assez ambitieux, et plutôt plaisant à découvrir. Sans réinventer le genre, il impose ses graphismes de qualité et un système de combat aux petits oignons. Il se paie même le luxe d'être assez bien équilibré dès le départ. A condition d'avoir la bonne souris, c'est du bonheur.

Les plus
  • Visuellement magnifique
  • Des classes bien équilibrées
  • Le système de combat, juste génial
  • Une IA dans un MMO : une première !
Les moins
  • Progression très classique
  • Nécessite un périphérique adapté

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Publié le Modifié Par David Vandebeuque
Catégorie : Jeux Vidéo
7 commentaires
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