DOSSIER<br />l'étrange business des barres d'outils

DOSSIER
l'étrange business des barres d'outils

Face à une barre d’outils intrusive ou un programme d’installation qui vous suppliait d’installer un logiciel partenaire, vous avez déjà piqué une crise de nerfs ? Nous aussi, alors nous avons cherché à savoir ce qui pouvait bien se tramer là dessous. Enquête.

Quand on est perçu comme le geek de la famille, c’est toujours la même rengaine, il suffit d’un dîner tout ce qu'il y a de plus banal pour que l’oncle Gérard, la cousine Sophie ou l’inévitable tata Jeaninne finisse par nous demander, tout sourire, si l’on ne pourrait pas jeter « un petit coup d’oeil de rien du tout » sur le PC du salon, celui qui est « un peu lent depuis quelque temps ». Une fois devant, ça ne loupe pas : la machine met des plombes à démarrer, rame comme c’est pas permis, ne serait-ce que pour lancer le bloc-notes alors que le navigateur Internet s’est, pour sa part, métamorphosé en cascade de barres d’outils toutes plus pénibles les unes que les autres.

Les toolbars, ces parasites...

On y trouvera, pêle-mêle, les barres Ask.com, Babylon, Bing, Yahoo... on en passe, et des meilleures. On peut alors être tenté de blâmer l’utilisateur néophyte, qui ne prête pas la moindre attention à ce qu’il installe, mais avec un peu de recul, rendons-nous à l’évidence : pratiquement tout le monde s’est fait avoir un jour ou l’autre par ces authentiques parasites modernes.

Pour chacune des sociétés responsables, il s’agit de passer en force pour s’installer dans les habitudes d’un utilisateur souvent trop peu calé pour savoir comment se débarasser d’outils non voulus. Certains se révèlent d’ailleurs bien plus pénibles que d’autres et ressemblent plus à des virus qu’autre chose, tant leur comportement frôle l’indécence. On les appelle les « adwares agressifs » et ils se classeraient au 2e rang des menaces informatiques les plus rencontrées dans le monde. Leur but ? Générer un maximum de profits en détournant les résultats de recherche d’un utilisateur.

Dans le même ordre d’idée, de nombreux programmes proposent, via leurs modules d’installation, des logiciels « partenaires ». Entendez par là qu’ls ont été rémunérés pour placer le produit d’une autre société, avec souvent la case d’acceptation pré-cochée, histoire d’entourlouper l’utilisateur lambda, qui ne surveille pas toujours avec attention toutes les indications d'une boîte de dialogue (et a acquis avec le temps la fâcheuse habitude de cliquer sur "ok, "ok", "ok"... jusqu'à la fin du processus d'installation).

Ces techniques, peu reluisantes, représentent beaucoup d’argent mais ne profitent qu'à certains acteurs privilégiant les échanges de bons procédés au confort d'un utilisateur qui semble être devenu une simple marchandise.

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Publié le Par Michel Beck
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