Test : Intel NUC DC3217IYE

A l'image de l'Ultrabook, Intel tente une percée avec un nouveau format de carte mère et d'ordinateurs. Quelle est le positionnement de ce nouveau format ? Peut-il faire office de machine à placer sous la TV ? Peut-il faire office d'ordinateur de bureau ? Sous quelles contraintes ? C'est l'heure de l'analyse et des réponses...

Après avoir été présenté lors de l'IDF 2012, le tout nouveau format de PC "imaginé" par le fondeur Intel sous l'appellation NUC (pour Next Unit of Computing) débarque en boutiques. La firme de Santa Clara veut donc réitérer l'expérience de l'Ultrabook, mais dans le format du PC miniature pour le salon, ou le bureau.

Mais pourquoi donc ce format ? Tout simplement pour promouvoir ses propres puces basse consommation, comme le Core i3-3217U cadencé à 1,8 GHz qui équipe ce modèle (avec mode Turbo et Intel Graphics HD 4000) qui ne dépasse pas les 17 Watts de TDP. Bien entendu, ce processeur est issu de la dernière génération Ivy Bridge avec la gravure en 22 nm idoine. Ce processeur seul est vendu sur le portail du fondeur 225$, ce qui explique en grande partie le prix final du produit, 299€ en moyenne dans notre comparateur.

IDF 2012 : Le NUC se montre un peu plus (4)
Le DC3217IYE en dessous et le DC3217BY avec port Thunderbolt au dessus

Le modèle d'essai qu'Intel nous a gracieusement prêté est le DC3217IYE. Ce modèle contient donc ce processeur que l'on vient de détailler, mais aussi la carte mère de support puisque le CPU est soudé dessus, ainsi que le boîtier qui enferme tous les composants. Le panneau arrière fournit deux ports USB 2.0, deux ports HDMI, le port RJ45 Gigabit Ethernet et la prise pour l'alimentation externe. Un troisième port USB 2.0 est disponible à l'avant.

Economie d'échelle ou radinerie ?

La boîte de l'Intel NUC fournit également un support VESA 75 pour le fixer derrière un écran ou une TV, et un bloc d'alimentation, sans oublier le manuel de montage qui détaille l'installation de la barrette mSATA que l'on aura achetée en plus, ainsi que les deux barrettes de RAM compatibles. Il est possible de rajouter encore à cette liste de course, une carte WiFi en mini PCI-Express pour faire du sans-fil.

Intel NUC DC3217IYE (4) Intel NUC DC3217IYE (5)

Mais on note une première faute de la part d'Intel qui ne propose pas la prise électrique localisée. Le bloc d'alimentation est donc seul et il faudra acheter en plus un câble à trois broches pour l'alimenter, dommage. Un deuxième point que l'on notera pour plus tard, l'absence de clé USB avec les pilotes. Un point qui est d'autant plus dommageable puisque notre Windows 7 64 bits n'a tout simplement pas reconnu le contrôleur Ethernet, ce qui - loin d'être rédhibitoire - est un peu embêtant...

Intel NUC DC3217IYE (6) Intel NUC DC3217IYE (8)
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Des benchmarks et des tests...

Bon, avec un processeur double coeur qui supporte l'HyperThreading doublant virtuellement ce nombre d'unités de calcul, et 4 Go de mémoire vive ainsi qu'un SSD Intel 525 Series en mSATA, il faut s'attendre à avoir une configuration bureautique solide sous la main, très réactive, parfaitement capable de faire tourner des logiciels de productivité et de décoder les flux vidéo HD, mais pas forcément de jouer aux derniers jeux du moment dans de bonnes dispositions.

Intel NUC DC3217IYE (9)  Intel 525 Series SSD CrystalBenchMark performance
Les performances du SSD Intel 525 Series en mSATA, prêté par Intel pour ce test, sont intéressantes...

Si l'on prend 3DMark 6 et 11, ce DC3217IYE arrache quelques points supplémentaires par rapport à un HP Omni 27 pourtant équipé d'une Radeon HD 6450 et d'un CPU Intel Core i3 de génération précédente. Sur les autres tests, la fréquence de fonctionnement des coeurs est pénalisante. Il ne faut pas oublier que la puce embarquée ici tourne à 1,8 GHz, et ne peut rivaliser dans certaines applications avec des puces à plus de 3 GHz. En contrepartie, cette fréquence inférieure engendre une consommation électrique plus menue avec 39,2W au maximum en pleine phase de jeu. Au repos, avec le bureau Windows chargé, l'Intel NUC ne consomme que 8,6W. Par contre, si la demande est trop importante, l'unique ventilateur du boîtier se met en route progressivement pour atteindre les 40 dbA à 60 cm (35,5 dbA config' éteinte). La machine n'est donc plus très discrète, d'autant plus que le bruit de la turbine est assez aigüe.

Globalement, les tests synthétiques de cette machine prouvent qu'il n'y a toujours pas de miracle en informatique et que si la miniaturisation suit son cours, il est toujours impossible de faire entrer une bête de course dans un si petit format. Toutefois, l'Intel NUC reste une machine bien plus performante qu'un Zotac Zbox Nano, aux dimensions assez similaires. On a d'ailleurs souhaité faire un test simple : utiliser les deux sorties HDMI, l'une pour une TV HD, l'autre pour un écran de bureau. Une vidéo en 1080p depuis un NAS tourne sur la télévision et une vidéo flash 1080p sur l'écran de bureau tourne également. On n'a pas relevé de saccade ou de problème de lag. La puce est donc a même de gérer différents flux pour en faire une machine polyvalente, le tout en silence. En effet, le ventilateur du NUC ne s'est pas mis en route pendant ce test vidéo, ce qui tend à prouver que le NUC dispose d'aptitudes à même d'en faire un media-center valable.

Mais à quoi peut bien servir ce NUC ?

Intel NUC dc3217iye product brief (1)

Le positionnement de ce nouveau format d'ordinateur est quelque peu atypique. Si les passionnés d'informatique apprécieront pouvoir y mettre les mains pour y ajouter eux-mêmes la RAM et le SSD en mSATA, le grand public n'a pas forcément envie de cela, même s'il n'y a rien de difficile à réaliser, les instructions de montage étant assez claires pour ne pas se tromper.

La connectique limitée pourrait en revanche être un problème et la facture peut aussi être un frein. A près de 500€ la configuration complète avec la RAM et la barrette mSATA, certains préfèreront se tourner vers des configurations à monter soi-même, mais aux dimensions légèrement plus importantes, en choisissant un boîtier mini-ITX.

Reste que l'utilisation que l'on fera du NUC pourra être variée, puisqu'il peut faire office de PC de bureau à tout faire qui se fera discret, suffisamment performant pour toutes les tâches quotidiennes et le décodage des vidéos HD, et même un peu de jeu vidéo tant que l'on reste sur des réglages graphiques mesurés et des titres qui ne sont pas de première jeunesse (et les émulateurs de vieilles consoles peuvent également parfaitement tourner dessus !). Si l'on souhaite le mettre sous une TV simplement, et sachant que le stockage est ici limité, obligeant à streamer du contenu depuis le réseau ou un disque externe, on estimera que d'autres solutions plus compétitives au niveau tarifaire répondront à cette demande (y compris les clés HDMI sur architecture ARM sous Linux). Et ce même si les fans du Media-Center de Windows pourraient en tirer partie. Les usages sont donc nombreux, et le NUC est une petite machine à tout faire séduisante, dont il faut toutefois bien garder en tête les limites pour ne pas être déçu à l'arrivée.

Enfin, signalons que les entreprises pourront aussi se tourner vers ce type de machines ultracompactes pour les glisser derrière des écrans de bureau ou vidéo-projecteurs de salles de réunion (et oui, le WiDi est pris en charge). Ainsi, on peut obtenir des "presque" All-In-One bien plus simples à manipuler pour la maintenance, enfin sauf pour le CPU soudé...

Intel s'essaie donc à un nouveau format, parce que la firme en a les moyens. Si la sauce prend auprès du public, alors d'autres partenaires suivront. Dans le cas contraire, on connait la suite de l'histoire... On espère tout de même qu'Intel reverra un peu son panneau arrière et ses ports pour plus de possibilités, comme l'ajout d'un port mini DisplayPort ou encore de l'USB 3.0, et pourquoi pas d'un lecteur de cartes SD. Peut-être pour la prochaine version.

LE VERDICT

Cet Intel NUC joue un peu le rôle d'OVNI dans les ordinateurs de bureau. Normal puisque Intel teste ce nouveau format de PC sous l'appellation de "Next Unit of Computing". La miniaturisation est impressionnante, la configuration plutôt polyvalente, et il pourra répondre convenablement à bien des sollicitations, que ce soit pour de la bureautique ou encore pour lire des vidéos HD. L'avantage, c'est qu'il prendra peu de place à l'endroit où on le posera. A l'inverse, ses limites côté connectiques et stockage, ainsi que ses lacunes en 3D et ses règles de montage (mSATA obligatoire), en font une machine à réserver à ceux qui savent exactement ce qu'ils veulent...

Les plus
  • Taille
  • Polyvalence du format
  • Plutôt performant...
Les moins
  • ... mais très limité en 3D
  • Du mSATA sinon rien
  • Pilotes non fournis sur support
  • Prise électrique manquante

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Publié le Par Denis Leclercq
Catégorie : Hardware, PC Bureau
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