Test : Shuttle SZ68R5

Shuttle débute la commercialisation d'un modèle de barebone équipé d'un socket LGA 1155 et d'un chipset Z68. Après avoir monté notre configuration dedans, qu'en ressort-il ? Cette solution boîtier/carte-mère/alimentation compacte vaut-elle le coup ?

Il manquait à Shuttle dans sa vaste gamme de Mini-PC un modèle équipé d’une carte mère au chipset Z68. Le spécialiste taiwanais du barebone a rectifié le tir en annonçant il y a quelques semaines le SZ68R5.

Forcément, nous avons immédiatement cherché à nous en procurer un, pour monter à l’intérieur une « petite » configuration sympathique et voir ce qu’il en est. Globalement, ce Shuttle ne nous a pas déçu. Cela fait un petit moment qu’aucun «XPC » n’était passé entre nos mains mais force est de constater que Shuttle réussi toujours à proposer un boîtier très compact bien pensé.

Sandy Bridge et design "R5"

Il bénéficie comme son nom l’indique du design « R5 », petit cube noir à la façade finition brossée. Grâce à la possibilité de lui adjoindre un SSD sur interface mSATA, c’est le premier Shuttle à permettre de monter une configuration de stockage en SSD caching via la technologie Smart Response d’Intel. Sa carte mère est équipée d’un socket LGA 1155, et ce Shuttle est donc prêt à recevoir tous les processeurs de la gamme Sandy Bridge.

Ses quatre slots DIMM permettent d’installer jusqu’à 32 Go de DDR3-1066/1333, le port PCIe x16 Gen 2.0 accueille les cartes graphiques dual-slot jusqu’à environ 25 cm, tandis que l’alimentation certifiée 80Plus Bronze fournit 550W. De quoi profiter d’un vrai PC puissant aux dimensions rikiki.

Découverte et installation

Shuttle SZ78R5 (1).JPGConcernant le châssis, il est en aluminium et présente un niveau de finition tout simplement excellent. Il pèse 5 Kg tout compris pour un volume de 14,2 litres et des dimensions de 33,2 x 21,6 x 19,8 cm. Comme d’habitude avec Shuttle, trois vis moletées permettent de maintenir le capot en place et, une fois retiré, il faut retirer deux petites vis qui verrouillent la cage pour le lecteur optique et les disques durs afin de retirer celle-ci et d’accéder à la carte mère. Une cage parfaitement découpée pour laisser la place nécessaire à la carte graphique sur le côté.

A ce niveau-là, le montage est on ne peut plus simple, et l’on peut installer un périphérique 5,25’’ ainsi que deux disques 3,5’’. Un adaptateur nous était fourni pour les disques 2,5’’ vers les emplacements 3,5’’, mais il n’est pas dit qu’il soit aussi offert avec les exemplaires disponibles dans le commerce.  Grâce aux douze vis fournies, on fixe notre graveur DVD et nos deux disques en quelques tours de tournevis. Aucun problème.

Shuttle SZ78R5 (7).JPG Shuttle SZ78R5 (18).JPG

Shuttle SZ78R5 (10).JPG Shuttle SZ78R5 (11).JPG Shuttle SZ78R5 (12).JPGShuttle SZ78R5 (15).JPG

La carte mère est totalement passive, avec un petit radiateur pour refroidir le chipset uniquement. Les slots DIMM supportent des barrettes DDR3 de 8 Go maximum en dual-channel. Nous installons 16 Go de RAM et passons au montage du processeur sur son socket LGA 1155. L’occasion de voir que le système de refroidissement de Shuttle n’a pas évolué d’un poil au cours des dernières années. Le principe est très simple, trois caloducs reliant la partie du dissipateur en contact avec le processeur à un radiateur d’ailettes en aluminium refroidi par un ventilateur de 92 mm. Monté à l’arrière, celui sert en même temps à sortir l’air chaud du Shuttle. La boîte étant petite, cette ventilation suffit à garder la configuration au frais. Nous allons le voir, c’est plutôt efficace.

Shuttle SZ78R5 (28).JPG Shuttle SZ78R5 (32).JPG

Shuttle SZ78R5 (29).JPG           Shuttle SZ78R5 (30).JPG           Shuttle SZ78R5 (31).JPG 

Après avoir dévissé les quatre vis moletées qui maintiennent en place le ventilateur (lui-même installé dans une petite cage), on déclipse le système de fixation qui est le même que celui utilisé par Intel sur ses ventirads. Après avoir installé notre Core i7-2600K et apposé une fine couche de pâte thermique fournie, on refixe le ventirad, avant de remonter le ventilateur. Vient alors le temps de monter notre carte graphique. Dual-Slot, notre Radeon HD 6850 fait 23 cm de long et rentre facilement dans l’emplacement prévu. En revanche, en utilisant une carte dual-slot, on bloque forcément le second port PCIe x4. Petite remarque sur le système de fixation des cartes filles, avec un petit loquet métallique qui ne se laisse pas faire facilement. Dans notre cas, impossible de visser l’une des deux vis.

Shuttle SZ78R5 (20).JPG      Shuttle SZ78R5 (24).JPG

Shuttle SZ78R5 (16).JPG Shuttle SZ78R5 (19).JPG Shuttle SZ78R5 (22).JPG Shuttle SZ78R5 (27).JPG

Au moment d’effectuer les branchements, mieux vaut sortir ses doigts de fée pour brancher les ports SATA (au nombre de quatre, avec deux SATA III et deux SATA mais seulement deux câbles SATA fournis) et les connecteurs d’alimentation, mais rien d’insurmontable. Signalons que pour la carte graphique, la prise d’alimentation PCIe est en 6 / 6+2 pins. On refixe la cage à périphériques et on referme le tout, le Shuttle SZ68R5 est prêt à démarrer. 

Shuttle SZ78R5 (9).JPGEn effet, les éléments du front-pannel son pré-câblés. Ce qui facilite encore un peu plus le montage pour les néophytes. Si à l’avant on trouve deux ports USB 3.0 et deux ports USB 2.0, ainsi que deux Jack 3,5 mm pour le micro et le casque, la connectique est également très complète sur la face arrière. On découvre six ports USB supplémentaires, dont deux USB 3.0, un port Ethernet (contrôleur Realtek RTL 8111E), un port eSATA, une sortie HDMI et une sortie DVI, pour l’affichage tirant profit de l’iGPU intégré au processeur Intel Sandy Bridge. Sans oublier la sortie audio optique S/PDIF, un petit bouton qu’il faut actionner avec une pointe pour effectuer un Clear CMOS sans avoir à ouvrir la boîte et les entrée/sorties audio qui sont alimentées par une puce Realtek au codec ALC888S gérant le 7.1.

Ça chauffe ?

Un petit tour dans le BIOS avant de lancer l’installation du système. Il s’agit d’un BIOS American Megatrends de facture assez classique, permettant de gérer la configuration basique de son ordinateur, définir ses préférences de boot et de bidouiller les tensions et les fréquences. Bonne nouvelle, le boot sur clé USB est supporté et nous pouvons lancer l’installation de notre Windows 7 Ultimate 64-bit directement depuis le stick flash. L’OS n’arrivant pas de lui-même à installer certains pilotes (LAN notamment), mieux vaut en passer par l’installation des pilotes fournis sur CD par Shuttle. Une fois tout en place, on se jette sur Furmark et OCCT que nous allons lancer de concert pour faire chauffer ce Shuttle et voir dans quelles mesures il arrive à évacuer la chaleur générée par les composants et les maintenir à bonne température, et ce dans quelles conditions sonores. Un test de burn un peu extrême duquel se sort plutôt très bien ce Shuttle.

Shuttle SZ78R5 (34).JPG Shuttle SZ78R5 (36).JPG

En effet, au repos dans une pièce à 23°, le CPU affiche une température de fonctionnement de 38°, la carte graphique est à 41° et la sonde du boîtier remonte une température de 40° au niveau de la carte-mère. A l’arrière, le ventilateur ronronne à 1150 trs/mn et dans une pièce dont la pression acoustique est de 40 dB ordinateur éteint, le Shuttle SZ68R5 pousse le sonomètre installé à une cinquantaine de centimètres du boîtier à 43,5 dB (conditions typiques, le Shuttle étant pensé pour être posé sur le bureau). La carte graphique est quasi inaudible, comme le petit ventilateur de l’alimentation. Lorsqu’il n’est pas beaucoup sollicité, ce Shuttle se fait presque oublier, tout juste laisse-t-il filtrer un léger ronronnement à peine audible.

Shuttle SZ78R5 - Temperatures

En pleine charge (pour une session de burn d’environ 20 minutes), la donne est différente. Le CPU est stabilisé à une température de 77°, la carte graphique à 74° et la sonde du Shuttle remonte 78°. Dans ces conditions, le ventilateur arrière tourne à 2045 trs/mn et le sonomètre affiche 47 dB. A l’oreille, on l’entend souffler assez fort, surtout que le GPU participe et le ventilateur de l’alimentation également. Mais globalement, les températures se stabilisent à un niveau relativement bas. Cinq minutes après que les logiciels de burn ont été coupés, la température du CPU a perdu 6°, celle de la carte graphique est redescendue à 46° et la carte mère est à 69°. Après l’effort, le Shuttle SZ68R5 a donc besoin d’un peu de temps pour retrouver une température de croisière acceptable.

Une différence de prix justifiée ?

Shuttle SZ78R5 (2)Pour finir, impossible de ne pas statuer sur ce barebone en prenant en compte son prix de vente 350€. En regardant du côté des boîtiers micro-ATX (format « cube » ou non) difficile de s’en tirer pour moins de 50/60€. Une carte mère micro-ATX avec chipset Z68 se négocie autour des 90€, et une alimentation 500W 80Plus Bronze se trouve à partir d'environ 60€. Le tout en prenant la moyenne basse des prix constatés sur notre comparateur de prix. Ce qui fait donc au total un ticket d’environ 210€. Le « premium » demandé par Shuttle est donc d’environ 140€ pour bénéficier d’un form-factor ultra-compact et d’une intégration au millimètre de qualité.

C’est sans doute un poil trop cher, mais l’on ne peut pas dire que cela ne vaut pas le coup pour qui aime le style et le format Shuttle qui fait comme d’habitude dans la sobriété et l’efficacité. Voilà en tout cas un Shuttle très intéressant pour qui souhaite monter une configuration puissante (pourquoi pas avec une carte graphique pour jouer convenablement) et saura se contenter de deux baies 3,5’’. Le problème de ce genre de solutions étant l’évolutivité, on signalera que vu les performances des Sandy Bridge, il y a quand même de quoi voir venir. Il serait juste peut-être dommage de craquer maintenant alors que Shuttle prépare la sortie de ce même barebone avec chipset Z77 pour les processeurs Ivy Bridge. Mais c’est là tout le jeu du monde informatique… et chacun fait avec ses envies et ses moyens.

LE VERDICT

Cela fait un moment qu'aucun Shuttle n'était plus passé entre nos mains, mais celui-ci nous montre que la firme américaine sait toujours faire de bons barebones. Les défauts restent toujours les mêmes au fil des années, un niveau sonore un poil trop prononcé pour la turbine arrière et un BIOS "peut mieux faire". Le reste, rien à dire !

Les plus
  • Finition et intégration
  • Connectique bien fournie
  • De la place pour un vrai GPU
Les moins
  • Assez bruyant en charge
  • Bios un poil limité
  • Bouton "Eject" cheap

Les commentaires sur ce document sont clos.

POUR NOUS SUIVRE...
newsletter

ACTUALITÉS
Macworld
PCWorld