Test : Zotac Zbox Nano XS Plus
Zotac Zbox Nano XS Plus (AD11)
Un PC complet qui tient dans la main... Zotac l'a fait. Mais à quelles concessions l'intégration d'un ordinateur dans un si petit boîtier oblige-t-elle ? Le Nano XS Plus peut-il faire office de Media Center idéal ? Réponses...
Miniaturisation et informatique, deux termes qui sont souvent associés et qui viennent immédiatement en tête le moment venu de découvrir le Zbox Nano XS Plus (AD11) de Zotac. Un mini-PC au facteur de forme vraiment réduit, sorte d'aboutissement de ce genre de machines que l'on a vu se démocratiser avec l'éclosion des processeurs x86 très basse consommation, de type Atom. Sauf qu'aujourd'hui, ces petites puces permettent de faire plus que de la bureautique, et peuvent être envisagées dans le cadre d'un media-center par exemple. En témoigne ce Nano XS Plus qui intègre un APU AMD double-coeur E-450 cadencé à 1,65 GHz, intégrant un GPU Radeon HD 6320, avec 2 Go de DDR3 et un SSD de 64 Go. De quoi obtenir un mini-PC à tout faire, peu consommateur d'énergie et réactif ? C'est ce que nous allons voir...
The palm sized PC
Revenons un moment sur la forme. Le Zbox Nano XS Plus de Zotac tient littéralement dans la main. Tout simple, il consiste en un petit cube de 10,6 cm de côté épais de seulement 3,7 cm qui pèse 326 grammes sur la balance. Un poids plume qui ne lésine pas sur la finition, n'en déplaise aux détracteurs du made in China. En effet, l'utilisation d'un châssis cerclé d'aluminium sur lequel sont découpés les trous pour la connectique et l'aération donne du cachet à l'ensemble, embourgeoisant un peu la coque en plastique glossy et salissante. Tout est parfaitement usiné, et les indicateurs lumineux d'activité (mise sous tension et accès disque) ajoutent à l'esthétique réussie du petit cube. Dommage que le bloc d'alimentation – presque aussi gros que l’ordinateur - n'ait pas été intégré, ceci dit, vu la taille du Nano XS, on comprend...
Très facile à ouvrir, le Nano XS Plus se laisse démonter sans résistance pour qui voudrait changer la barrette de RAM en So-DIMM ou la mémoire flash montée en mSATA qui sert de module SSD (le PC est livré avec 2 Go de DDR3 à 1333 MHz et 64 Go de flash Kingston). Pour le reste, on trouve une carte mère miniature intégrée, avec connectiques et système de refroidissement, dans un espace très restreint. Il n'y a pas le moindre espace de perdu, l'intégration ayant été pensée au millimètre près. Zotac a clairement fait des efforts au niveau de la connectique, proposant quatre ports USB dont deux en 3.0, un port Ethernet et une sortie HDMI 1.4a sur la face arrière, tandis qu'à l'avant trônent un combo USB/eSATA à 3 Gbps, une sortie audio Jack/SPDIF optique, une prise micro et un lecteur de cartes mémoire, à côté du bouton d'allumage et d'un récepteur infrarouge pour la télécommande. Les deux autres "parois" se voyant attribuer des ouïes d'aération.
Pour ne rien gâcher, le packaging du Zbox Nano XS Plus est plutôt complet, comptant un support VESA pour installer le mini-PC au dos d'un écran (75 et 100 mm), une télécommande complète avec un récepteur infrarouge déporté en USB (utile si le Zbox n'est pas orienté de sorte à être à portée de zapette) et un dongle WiFi n avec antenne également en USB. Vraiment complet ? Côté matériel, indubitablement. En revanche, côté logiciel, le Zbox Nano XS Plus est livré sans système d'exploitation, ce qui lui ôte tout intérêt pour les utilisateurs lambda ne sachant pas installer un OS. En revanche, pour les utilisateurs avertis, ce sera incontestablement un plus, offrant la possibilité d'opter pour une distribution Linux par exemple.
Un PC sans OS
Dans notre cas, ce sera un Windows 7 Pro 64-bit, protocole de test à respecter oblige. De plus, certains pilotes de composants ne sont disponibles que sous Windows (par exemple la télécommande media-center est inutilisable sous Ubuntu), et qui voudra utiliser toutes les fonctionnalités de ce Nano XS se verra ainsi obligé de se tourner vers la solution Microsoft. A noter que pour installer son système, il faudra donc soit disposer d'une copie sur clé USB, soit avoir accès à un lecteur optique externe, car forcément, le Nano XS n'intègre pas de lecteur DVD. Une fois Windows 7 installé, ne restent plus que quelques pilotes à ajouter (Ethernet, Son, Chipset). Zotac les fournit, mais sur CD. Il faudra donc là aussi les transférer sur un support de stockage USB ou utiliser un lecteur optique externe. Le plus simple, se rendre sur le site Internet de Zotac pour les télécharger. Dans tous les cas, il faut avoir accès à un second PC pour s’en sortir.
La machine étant désormais parée pour le test, direction l'outil d'analyse des performances de Windows pour se faire un premier avis. Il remonte un petit score global (3,9), limité par les performances du processeur. Grace au SSD, l'indice du disque dur est bon, tandis que la section graphiques de jeu remonte un score honorable. Approfondissons cela... Après tests poussés, on doit avouer que si cela passe pour une utilisation purement surf/bureautique, le Nano XS Plus montre ses limites dès qu'il faut traiter des opérations plus lourdes et complexes. Plus de 10 minutes pour appliquer un flou radial sous Photoshop CS5 sur une grosse image, 27 minutes pour encoder une vidéo high-profile sous Handbrake... On est très loin des perfs d'un Core i sur les mêmes fichiers et on finit par perdre patience. Pourtant le SSD embarqué est correct (245 Mo/s en lecture et 168 Mo/s en écriture séquentielles sur données incompressibles). C'est donc l'APU E-450 et les 2 Go de DDR3 qui limitent fortement les performances. Ce qui se confirme en jeu, avec l'impossibilité de jouer dans une définition correcte de manière fluide sur des titres récents, et encore moins avec des jeux DirectX 11 comme Crysis 2 (curseur bloqué sur 2 FPS en Full HD). Lancer un 3DMark 11 devient même un supplice pour au final remonter un score de 322 points.
Vient enfin le moment de parler dégagement thermique et consommation énergétique. A ce niveau là, le bilan du Zbox est bon. Le système de refroidissement remplit bien son rôle, avec un CPU à 45° au repos qui ne dépasse pas les 57° en charge sous OCCT, et une partie GPU qui tourne à 60° en temps normal et monte à 74° maximum lorsqu'elle est sollicitée. Au repos, le Nano XS Plus tire 14W sur la prise de courant, et 28W en charge. C'est très correct.
En revanche, ces bons relevés se font au prix de nuisances sonores dérangeantes. En effet, même lorsqu'on le laisse tranquille, le mini-PC produit un souffle bien audible. Dans notre salle de test, mesurée à 36 dB de pression acoustique, le Nano XS Plus fait grimper à 42,2 dB le sonomètre placé à 40 cm de lui, et même à 43,6 dB en charge. Bien audible posé sur le bureau, il se fera davantage oublier pendant une séance "ciné" installé sous la TV, le souffle qu'il produit masqué par la bande son. Même si en pratique, affalé à 3 mètres dans le canapé, l'oreille du geek à l'affût du moindre bruit le repère sans mal pendant les blancs des dialogues.
Vu l'orientation du Nano XS Plus, nous avons conduit quelques tests vidéo supplémentaires. Rapidement, il faut se faire une raison, le Media Center de Windows ne sait toujours pas lire les MKV de base. Pas grave, nous avons VLC sous le coude (attention à penser à activer le décodage matériel). Autant ne pas y aller avec le dos de la cuillère, et essayer de lire un Blu-ray en Full HD 1080p. Résultat, ça passe... de justesse. En effet, de très légers ralentissements sont à déplorer lors des scènes les plus chargées. Globalement, lorsque l'on tourne autour des 30 Mbps de bande passante, le Nano XS arrive à s'en sortir sans effets visibles à l'œil, en revanche, si l'on approche des 40 Mbps, ça saccade un peu de manière bien visible. Inutile d'ajouter que dans le cas d'un Blu-ray 3D (après tout, le Nano XS Plus est équipé d’une sortie HDMI compatible), c'est pire. Reste que sur la grande majorité des fichiers vidéos testés, le décodage se fait sans trop de problèmes et l'on peut dire que ce mini-PC tient assez bien son rôle de media center (si l'on évite la 3D, donc).
Pour quel public ?
Au final, le Nano XS Plus de Zotac est un produit très intéressant. Forcément limité vu sa taille, il se paye le luxe d'être un vrai PC, réactif à défaut d'être réellement puissant, et que l'on pourra caser partout et surtout sous sa TV pour en faire un media center discret. Le choix du SSD est incontestablement un plus pour une utilisation fluide et agréable, même s'il faudra éviter d'avoir les yeux plus gros que le ventre en matière de softs installés (le CPU et la quantité de RAM limitent les usages).
Il faudra aussi penser à lui adjoindre un disque dur externe, ce qui tout de suite implique d'avoir un peu plus de place à ses côtés et réduit son intérêt en matière d'encombrement. A part bien sûr si l'on s'en sert pour streamer des contenus depuis un PC ou un NAS sur le réseau local, ce qui est évidemment une solution préférable.
Le Nano XS Plus n'est donc pas dénué de défauts. Si l'on se privera d'inscrire dans cette catégorie la nécessité d'installer soi-même son système (on est sur PCWorld !), il faut reconnaître qu'il est dommage de le voir à la ramasse sur le décodage des flux vidéos les plus lourds et que l'on regrette de l'entendre souffler légèrement trop fort en permanence, et plus encore pendant l'effort. Et puis nous ne pouvons occulter la question du prix, assez élevé, même s'il faut considérer qu'il s'agit de l'une des machines les plus compactes du genre sur le marché. A 380€, on se retrouve donc avec un produit qui manquera sans doute de puissance pour les geeks, mais qui n'est pas utilisable en sortie de boîte par monsieur Tout-le-monde. Voilà qui réduit d'emblée le public auquel s'adresse le Nano XS. Dommage, car voilà un mini-PC vraiment séduisant.










Il y a 7 commentaires sur cet article