Test : Razer DeathStalker
Razer DeathStalker
Certains produits sont bien plus agréables à regarder qu’à essayer. C’est le cas de ces hamburgers en boîte que l’on réchauffe au micro-onde, et c’est malheureusement aussi le cas pour ce nouveau clavier Razer, le DeathStalker.
Nous avions déjà évoqué le problème lors d’un précédent test, lorsque l’on parle de clavier, il est un critère qui peut surpasser tous les autres en termes d’importance aux yeux de notre petite rédaction : celui du rapport au bruit. Un paramètre souvent peu pris en compte par les constructeurs de produits orienté gaming, plus intéressés par les fonctionnalités, le design ou les performances, et qui aura obligé votre serviteur à passer quelques journées de test bien lugubres, isolé dans le coin le plus reculé de notre bureau parisien, histoire de ne pas offenser quelques oreilles sensibles.

En abandonnant sa dénomination « Ultimate », le DeathStalker perd également son écran tactile
et ses touches de raccourcis sur le côté
De fait, lorsque Razer nous a proposé il y a une quinzaine de jours, de mettre à l’épreuve son nouveau clavier DeathStalker, un produit destiné aux joueurs, et utilisant une technologie « chiclet » avec touches silencieuses, généralement réservée à la bureautique ou aux ordinateurs portables, notre sang n’a fait qu’un tour. Terminé les séances de tests au fond de la cave, terminé l’isolement social, terminé les conversations glauques avec Wilson, la barrette mémoire qui nous servait de compagnon d’infortune, et que nous avions habillé de quelques fils de cuivre pour simuler une chevelure… Enfin, nous allions pouvoir rejoindre la lumière, travailler à la vue et surtout aux oreilles de tous, et retrouver le bonheur des discussions endiablées sur les derniers exploits de Zlatan autour d’un bon café et d’une poignée de marshmallow… En tout cas, c’est ce que nous croyions.
Il a tout d'une blonde
Car malheureusement, et c’est plutôt une surprise venant d’un constructeur aussi réputé que Razer, la réalité a été loin de combler nos espérances, et nous avons rapidement découvert que cette promesse de silence et de vie sociale retrouvée ne se ferait pas sans compromis, en particulier vis-à-vis des notions de confort et de productivité. Mais avant d’embrayer sur le cœur de ce test, offrons nous d’abord un bref tour du propriétaire. Comme à son habitude, la marque aux serpents nous propose avec ce DeathStalker un produit à la finition solide, et doté de matériaux très agréables, au toucher comme à l’œil. Le repose poignet fixe est large et efficace, les patins antidérapants remplissent parfaitement leur fonction, et l’on trouvera sous la console deux pattes rétractables, au cas où l’utilisateur préférerait un positionnement du périphérique légèrement incliné. La typographie des touches est la même que celle du précédent clavier qui était passé entre nos mains, le BlackWidow Ultimate, dont on retrouve également le rétroéclairage vert par LED, qui autorise différents réglages d’intensité, ainsi que quelques effets lumineux, dont la plupart seront cela dit largement dispensables.

Sur notre exemplaire, la touche Entrée n’était que partiellement illuminée par le rétroéclairage
Niveau fonctionnalités, les habitués du constructeur ne seront là encore pas dépaysés, puisqu’ils retrouveront un système d’anti-ghosting efficace, la possibilité d’enclencher d’une simple pression un mode gaming, qui va venir désactiver les fonctions liées à la touche Windows, et un système d’enregistrement de macro à la volée. Ensuite ? Eh bien, ensuite, rien, et c’est bien le premier reproche que l’on fera à ce produit, qui tutoie gentiment les 90 euros dans le commerce, frais de port inclus : pour ce prix, on aurait bien aimé voir apparaître quelques touches de raccourcis sur le côté, une connectique audio, ou un port USB supplémentaire. En comparaison, et pour l’exemple, le modèle Lycosa du même constructeur est légèrement moins onéreux, et propose, quant à lui, les options que nous venons de suggérer. Cela dit, vous pourriez fort bien nous rétorquer : « Ah oui, mais grâce à la technologie utilisée, de type chiclet, le confort sonore vaut largement ces menus sacrifices ! ». Oui… Sauf qu’en fait, non, pas vraiment ! Et ce pour deux raisons.
Silence ou confort, l'impossible choix
La première, c’est que si le DeathStalker offre effectivement une très faible nuisance sonore lorsqu’il est comparé à des claviers mécaniques, la différence est nettement moins marquée lorsqu’on le place en face de claviers à membranes ou à scissors switch. Ainsi, notre Roccat Isku, ou notre Razer Lycosa (encore lui) sont certes un peu plus bruyants, mais pas tant que ça. D’autre part, lorsque l’on met en parallèle cet aspect sonore, avec le critère de confort de frappe, la balance ne penche clairement plus en faveur du DeathStalker. En effet, c’est bien là son plus gros problème : ce nouveau modèle offre un confort d’utilisation très discutable. Malgré une course pourtant réduite, on ressent systématiquement le besoin de forcer sur la frappe, la faute à un retour de touche, qu’il soit physique ou sonore, insatisfaisant.

Côté logiciel, on retrouve le pilote Synapse 2.0, un système unifié pour tous les produits de la marque
Dans le même esprit, les touches renvoient une impression d’instabilité, comme si elles ne tombaient pas droites, ou devaient s’accommoder d’un jeu d’assemblage défavorable (ce qui n'est pas le cas, précisons le... Il s'agit simplement d'un ressenti). Résultats : malgré l'installation de certains automatismes et après plusieurs jours d’essais, quelques erreurs de frappe viennent encore ponctuer nos textes, et l’envie de revenir vers un produit plus classique demeure. Clairement, ce n’est pas encore aujourd’hui que la communauté des joueurs va se réconcilier avec une technologie chiclet qu’elle a toujours boudé, comme ce n’est pas encore maintenant que votre serviteur abandonnera le souterrain dans lequel il se voit reclus à chaque nouvelle livraison de clavier à tester. Damned !


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