Après les performances catastrophiques de son premier SSD architecturé autour du contrôleur Phison qui s'est toujours demandé ce qu'il faisait là vu qu'il n'était pas réellement conçu pour se retrouver dans un SSD, Crucial a viré de cap et a fait appel au coréen Indilinx et son contrôleur Barefoot. Il s'agit d'un des contrôleurs les plus populaires que l'on retrouve désormais dans de nombreux SSD OCZ, Corsair, G.Skill, Super Talent, Patriot, etc. Crucial n'innove donc pas avec sa série M225 mais avait fait parler de ces modèles à leur lancement grâce à des prix très bas. Certains se demandaient même s'ils ne comprenaient pas de la mémoire flash moins chère.
En réalité, les M225 ne sont que des clones des autres SSD basés sur le contrôleur Indilinx Barefoot, ni plus ni moins. Là où il marque sa différence, c'est parfois au niveau du prix ou alors au niveau de la garantie, fixée à 5 ans. A l'intérieur on retrouve donc le contrôleur Indilinx barefoot accompagné de 64 Mo de cache externe sous la forme d'une puce mémoire Elpida. On a aussi droit aux puces de NAND Flash MLC d'origine Samsung, les mêmes que dans la majorité des SSD basés sur le contrôleur Barefoot.
Le M225 est disponible en version 64, 128 et 256 Go. Ils portent les références CT64M225, CT128M225 et CT256M225. Ils disposent tous d'une coque en aluminium, ce qui le rend très léger : 69 grammes. En termes de performances, Crucial annonce cette versiopn 64 Go pour 200 Mo/s en lecture et 150 Mo/s en écriture. Données quelque peu optimistes en écriture comme nous le verrons.

Le support du TRIM est assuré par le firmware 1819 disponible sur le site Internet de Crucial et pour ceux qui n'utilisent pas Windows 7, il reste toujours l'utilitaire de TRIM manuel nommé Wiper.exe. Les performances ne sont cependant pas affectées par ce firmware qui au-delà de supporter le TRIM, corrige divers bugs, apporte le support de NAND Flash 32 nanomètres et le support du contrôleur Indilinx ECO, version supportant cette finesse de gravure. Une version 1916 a récemment été postée dans le forum de Crucial, le 13 janvier 2010 pour être précis, et apporte le support du Garbage Collection. Cette fonctionnalité n'est utile que si votre système d'exploitation ne supporte pas le TRIM ou si vous voulez utiliser deux SSD en RAID. Cependant, nous préférons le TRIM manuel par rapport au Garbage Collection qui est générateur de nombreuses écritures pas forcément utiles, entamant la durée de vie des puces de NAND Flash.
Courbe des débits
Analysons les débits de ce SSD grâce à IOMeter en lecture et en écriture, séquentielle et aléatoire.
Lecture séquentielle
Courbe un peu particulière qui tend à démarrer lentement mais qui décolle réellement à partir d'une taille de fichiers de 32 Ko. Elle est similaire aux autres SSD basés sur l'Indilinx Barefoot comme l'OCZ Vertex sauf pour le débit final moins élevé à cause de la capacité moins élevée de cette version de 64 Go. Les débits en fin de course sont cependant très bons, au delà de ce qu'annonce Crucial, soit 200 Mo/s. En comparaison avec les autres SSD du marché, il est bien placé mais ne parvient pas à rivaliser avec les excellents SSD Intel pour ce qui est de la gestion des petits fichiers. Il fait par contre jeu égal avec le Samsung mais ce dernier offre une courbe plus régulière au-delà d'une taille de fichier de 16 Ko. A noter que cette "forme" de la courbe des débits a été reproduite avec les autres SSD basés sur l'Indilinx Barefoot, il semble dès lors s'agir d'un comportement "normal" de ce contrôleur.
Ecriture séquentielle
En écriture, on retrouve cette même cassure lors du traitement des fichiers d'une taille de 16 Ko mais aussi de 8 Ko, avec un tassement des performances avant de redécoller vers un niveau qui stagne ici sous les 100 Mo/s. Ces débits ont été confirmés lors des tests pratiques et par Cristal DiskMark. La cause est ici aussi la capacité du disque qui n'est que de 64 Go, soit 8 puces de 8 Go, alors que ce contrôleur est supposé avoir 10 canaux. Ce qui compte par contre, c'est que la courbe avec les petits fichiers est la même qu'avec les SSD Indilinx de plus grande capacité et au final il n'y a que le débit maximal qui en pâtit, ce qui n'est pas là le plus important. Cela reste donc d'un bon niveau dans l'ensemble mais un peu éloigné des ténors comme l'Intel X25-E 32 Go et un cran en-dessous du Samsung PB22-J 64 Go qui n'est pourtant pas le plus véloce de la gamme du fabricant coréen. Par contre, les débits sont du niveau des Intel et Samsung dès le début, avec les petits fichiers donc, exception faite des fichiers de 0.5 et 1 Ko.
Lecture aléatoire
Comme souvent en lecture aléatoire, on assiste à un tassement des performances avec les fichiers de 256 Ko et 512 Ko, mais ici, on note le même phénomène également avec les fichiers de 128 Ko. Au final, on atteint de bons débits mais pas du niveau de ceux obtenus avec les Indilinx de plus grande capacité, toujours pour la même raison que ce que nous avons expliqué ci-dessus. Mais dans l'ensemble, si on s'attarde sur les fichiers de taille inférieure à 128 Ko, on obtient cependant le même niveau à peu de choses près que l'Intel X25-E 32 Go, ce qui est une très belle performance.
Ecriture aléatoire
Voici "LA" bizarrerie de ces SSD Indilinx, les écritures aléatoires qui prennent la forme d'une courbe plate. Le problème, c'est que les débits sont mauvais avec les fichiers de taille moyenne et les gros fichiers. A contrario, ils sont excellents avec les petits fichiers et seul l'Intel X25-E 32 Go et le Velociraptor font mieux. On est donc à un bien meilleur niveau que le Samsung PB22-J et clairement au-dessus de tous les SSD architecturés autour du contrôleur JMicron JMF602.
Synthèse des débits
Ce graphe confirme que l'on dispose d'excellents débits en lecture mais que l'écart avec les débits en écriture est plutôt grand. Vous noterez également les débits plutôt bas en écriture aléatoire, ce qui ne doit pas masquer le fait qu'ils sont par contre très bons avec les petits fichiers...
H2Benchw : débits "avant/après"
Histoire de vérifier les effets de l'"usure" ou de l'utilisation du SSD, voici ses courbes de débits séquentiels sous H2Benchw qui effectue son test sur la totalité de la capacité du disque, non formaté. Le test "avant" est effectué après un secure erase et le test "après" est opéré une fois tout le protocole de test terminé, ce qui inclut le très (trop) exigeant test d'écriture aléatoire. Nous avons également effectué des tests après avoir exécuté l'utilitaire Wiper fourni par Indilinx et permettant de faire fonctionner manuellement le TRIM supposé ramener les performances à leur niveau initial.
Débits en lecture
Comme on le constate, le niveau de performances est "atteint" par l'exécution de notre protocole de test. La seule opération responsable de cette dégradation est l'exécution d'écritures 100% aléatoires sur le SSD. En effet, les lectures aléatoires et les écritures et lectures séquentielles n'ont pas cette effet si dévastateur sur les performances. Nous avons exécuté l'utilitaire Wiper pour pallier ce problème. L'opération s'effectue sous Windows et prend un peu plus d'une minute. Après cette exécution, les performances ont retrouvé un excellent niveau, un cran en dessous cependant des performances obtenues après un Secure Erase remettant le SSD dans un état neuf. On constate également un trou dans les performances entre 40 et 50% de la capacité du disque après exécution du premier run de H2Benchw, comportement typique là aussi du contrôleur Indilinx. Le second run règle ce problème permettant au disque de se réorganiser et au final, on retrouve des débits très proches de l'état du neuf.
Débits en écriture
En écriture, la dégradation est plus importante puisque l'on passe de 165 Mo/s à une moyenne de 25 Mo/s. Après exécution de l'utilitaire Wiper pour le TRIM, le premier run sous H2Benchw témoigne d'une très nette amélioration des performances malgré encore une fois une chute en plein milieu du test, fait constaté aussi sur le G.Skill Falcon basé sur le même contrôleur Indilinx. Le second run permet d'éviter ce trou mais donne un niveau général un peu plus bas. Un troisième run a donné des résultats strictement identiques. Mais d'une manière générale, l'utilitaire fait bien son office et évite de devoir faire un secure erase pour recouvrer les performances comme c'est le cas avec d'autres SSD. A noter que sous 7, le TRIM aura le même effet. Vous remarquerez que les débits sont ici plus importants que sous IOMeter ou que lors de tests pratiques, fait constaté sur tous les SSD Indilinx.
Notre avis
Le Crucial M225 64 Go ne crée pas de surprise vu qu'il utilise le contrôleur Indilinx Barefoot que l'on connaît désormais très bien. Il traite bien les petits fichiers et propose des excellents débits en lecture. Les débits maximaux en écriture sont cependant un peu décevants par rapport aux SSD Indilinx de 128 et 256 Go à cause simplement de la quantité de puces au nombre de 8 alors que le contrôleur gère davantage de canaux. Comme avec tous les SSD d'origine Indilinx, on note certaines "bizarreries" comme les cassures dans les courbes de débits vers les 8-16 Ko en lecture et écriture séquentielles. Plus étrange, la courbe des débits aléatoires qui n'est pas mauvaise avec les petits fichiers, elle est même plutôt bonne, mais elle ne décolle jamais vers des débits élevés avec les grands fichiers comme c'est le cas sur les autres SSD que nous avons testés.
Il y a ensuite l'habituelle très forte dégradation des performances une fois le lecteur "usé" sous un système d'exploitation ne supportant pas le TRIM ou si le firmware adéquat n'a pas été installé. Certes, notre protocole de test est exigeant et par certains aspects extrême mais il n'a pas posé de problèmes à d'autres SSD comme le Samsung PB22-J par exemple. Heureusement, le TRIM, ou l'utilitaire Wiper permettant de faire appel manuellement à la fonction TRIM, est là pour récupérer les performance. On saluera également le traitement général du contrôleur Indilinx avec les petits fichiers, un cran meilleur que le Samsung PB22-J, mais moins bon que l'Intel X25-E.
Pour conclure, on peut dire que c'est un très bon produit qui ravira de nombreux utilisateurs avertis qui en cas de baisse de performances pourront exécuter l'utilitaire Wiper. Les autres préfèreront peut-être un SSD plus stable comme les Intel ou les Samsung PB22-J. En termes de prix, au moment de la parution, en ce mois de février donc, la version 64 Go se négocie à partir de 180 euros, garantie de 5 ans incluse, avantage non négligeable. Cela reste cher pour une capacité de 64 Go, 2.81 euros du giga alors que l'Intel X25-M 80 Go Postville est pour sa part affiché à partir de 205 euros, soit 2.56 euros du giga. Ce dernier est plus performant en lecture, traite mieux les petits fichiers mais pêche lui aussi pas des débits en écriture qui plafonnent vers les 80 Mo/s. Choix cornélien mais dans un cas comme dans l'autre, vous aurez à faire à un bon SSD...
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Sur la forme, une relecture de l'article par quelqu'un d'autre que l'auteur aurait permis d'éliminer les quelques fautes de frappes et redites.
J'ai corrigé ce que mes yeux ont vu, il en reste peut-être étant donné que c'est toujours difficile de se relire.