Après des modèles coûteux à base de SLC offrant des performances d’un bon niveau et après des modèles plus abordables à base de MLC offrant des performances correctes, Samsung s’est fait quelque peu distancer en termes de performances par Intel et d’autres comme OCZ qui sort des nouveaux SSD quasi tous les mois. La firme coréenne a alors réagi en créant un buzz autour de ses nouveaux SSD par une vidéo virale démontrant les performances de 24 SSD installés en RAID0 (voir cette actualité). Ce SSD longtemps attendu et difficilement trouvable est enfin arrivé sur le marché. Ce SSD est connu sous le nom PB22-J mais sur le site de Samsung il porte le nom PM800. Enfin sur l’étiquette de notre modèle de 64 Go, nulle mention de ces références mais plutôt MMCRE64G5MXP-0VB. Samsung n’a jamais été très clair au niveau des références de ses SSD et cela continue. Ce SSD se retrouve aussi vendu sous d’autres marques comme OCZ avec son Summit ou Corsair avec son P256.
En matière de spécifications, Samsung distingue la version 64 Go des versions 128 et 256 Go. La version 64 Go est en effet donnée pour 120 Mo/s en écriture séquentielle contre 200 Mo/s pour les deux autres capacités. Ces SSD sont disponibles au format 2.5 pouces mais également en 1.8 pouces et « slim ». Pour ces deux plus petits formats, Samsung annonce 180 Mo/s en écriture séquentielle pour les versions 128 et 256 Go et toujours 120 Mo/s pour le modèle de 64 Go. Physiquement, la version slim est une version 1.8 pouces moins épaisse, la hauteur passant de 5 à 3.6 millimètres. La longueur est aussi en diminution, de 78.5 à 76.2 millimètres tandis que le poids est réduit de moitié, passant de 40 à 20 malheureux petits grammes.

Le contrôleur est fabriqué par Samsung et s’articule autour d’un processeur ARM secondé par 128 Mo de cache. Techniquement parlant, on n’en sait guère plus, Samsung ne donnant pas d’informations techniques à son sujet.
Courbe des débits sous IOMeter
Analysons les débits de ce SSD grâce à IOMeter en lecture et en écriture, séquentielle et aléatoire.
Lecture séquentielle
Les débits sont très élevés en lecture séquentielle avec une performance maximale dépassant les 200 Mo/s ! On est un cran en dessous des ténors de la catégorie mais on navigue tout de même dans des débits qui enrhument tous les disques durs du marché. En comparant cette courbe aux autres modèles de notre comparatif, on constate que seuls les Intel font mieux que le Samsung, excusez du peu. En effet, le PB22-J atteint lui aussi rapidement de hauts débits et ce dès les petits fichiers. Il n'y a qu'au-delà d'une taille de fichier supérieure à 32 Ko que le Vertex fait mieux.
Ecriture séquentielle
Les débits en écriture séquentielle sont, sous IOmeter, plus élevés que ce qu'annonce Samsung. Pour rappel, la firme coréenne donne un débit de 120 Mo/s alors qu'ici on dépasse les 140 Mo/s et on flirte même avec les 150 Mo/s par moments. La courbe des débits est très régulière. Ici, seul l'Intel X25-E 32 Go et le PB22-J 256 Go font mieux que ce 64 Go, ce qui est clairement un gage de qualité pour ce "petit" PB22-J ! Le Vertex d'OCZ fait mieux jusqu'à une taille de fichier de 4 Ko mais offre ensuite des débits plus irréguliers, au contraire du Samsung.
Lecture aléatoire
La lecture aléatoire offre une courbe montant plutôt lentement au niveau des débits. Il faut également pas mal de temps avant d'atteindre le débit maximal. Comme souvent on note une cassure au niveau des fichiers de 128 Ko, taille des blocs au sein des cellules des puces de NAND Flash. Mais aucun des SSD que nous avons testés n'offre ici une belle courbe régulière à l'exception du Mtron Mobi 3500, mais avec des débits moins élevés en fin de course. Le Samsung côtoie cependant les meilleurs SSD comme l'Intel X25-E 32 Go ou le Vertex d'OCZ.
Ecriture aléatoire
C'est ici le gros défaut de ce SSD, les écritures aléatoires. Il offre en effet de très mauvaises performances et est clairement en queue de classement. Il fait mieux que le Vertex uniquement avec les gros fichiers, le contrôleur Indilinx étant plutôt efficace avec les petits fichiers en écriture aléatoire. A noter que les écritures aléatoires sont plutôt rares su un PC classique.
Synthèse des résultats obtenus
En observant ce graphe, on constate une belle régularité des débits séquentiels avec un bon niveau en écriture malgré les 120 Mo/s annoncés par Samsung pour cette version de 64 Go. Pour rappel, les versions 256 et 128 Go sont annoncés pour 200 Mo/s ! Comme déjà évoqué, l'écriture aléatoire est plutôt mauvaise...
Performances H2Benchw "avant/après"
Histoire de vérifier les effets de l'"usure" ou de l'utilisation du SSD, voici ses courbes de débits séquentiels sous H2Benchw qui effectue son test sur la totalité de la capacité du disque. Le test "avant" est effectué après un secure erase et le test "après" est opéré une fois tout le protocole de test terminé, ce qui inclut le très (trop) exigeant test d'écriture aléatoire.
C'est probablement la qualité la plus importante de ce SSD basé pour rappel sur de la MLC : sa tenue dans le temps. Après tout notre protocole de test très exigeant incluant de lourdes sessions d'écritures aléatoires, le PB22-J montre une diminution des débits en lecture mais modérée puisqu'on passe de plus de 200 Mo/s à un peu moins de 180 Mo/s, ce qui reste énorme. Mais surtout, les performances en écriture ne bronchent quasiment pas alors qu'à ce moment là du test, la fragmentation est plutôt grande au sein des puces de NAND Flash. Nous verrons que la version 256 Go se comporte un peu moins bien, du moins au début...
Notre avis
Cette "petite" version de 64 Go du Samsung PB22-J en a clairement sous le pied en offrant de hauts débits en lecture mais également un très bon niveau en écriture. En outre, les performances ne s'écroulent pas au fil du temps comme avec d'autres SSD comme l'Intel X25-M (avec son ancien firmware) ou les SSD à base d'Indilix comme l'OCZ vertex et le G.Skill Falcon qui ont besoin du TRIM pour recouvrer un bon niveau. En écriture aléatoire par contre, pas de miracles ici avec un très bas niveau. Mais les écritures aléatoires sont peu courantes en usage normal dans un PC de bureau et sont plutôt l'apanage des serveurs. En outre ici, nos tests sont effectués en 100% aléatoire, ce qui est encore moins courant. La faible dégradation des performances à l'usage réduit en outre les effets de la fragmentation du disque.
Il est vendu vers les 230 euros, ce qui en fait une affaire intéressante mais il est malheureusement très difficile à trouver chez nous, les versions 128 et 256 Go étant plus largement disponibles... En Allemagne par contre, il se trouve pour un peu plus de 150 euros, un prix clairement irrésistible. A noter cependant que les SSD basés sur de l'Indilinx entrent en concurrence directe avec ces PB22-J, notamment en offrant un meilleur traitement des petits fichiers dans nos tests de courbes de débits. Entre ces deux types de SSD, difficile de trancher...
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