SSD Intel X25-M 80 Go : une bombe ?

Le sujet à la mode en matière de stockage est sans conteste le SSD. C'est quelque part logique dans un secteur qui a souvent été frappé de léthargie avec des disques durs ne faisant qu'augmenter leur capacité sans changement fondamental de leur principe de fonctionnement. Le SSD promet, entre autres, des performances de haut vol, le silence et une fiabilité en hausse. Sur ce dernier point, il y a lieu d'être prudent comme nous le verrons. Mais le sujet du jour, c'est Intel qui lui aussi se lance sur le marché des SSD avec son X25-M de 80 Go, signe des convoitises qu'attise ce marché. Que vaut ce SSD ? La réponse dans notre article.

Fonctionnement d'un SSD


Vous savez à peu près tous comment fonctionne un disque dur. Pour rappel, il s’agit d’un ou plusieurs plateaux rotatifs sur lesquels se baladent une ou plusieurs têtes de lecture venant lire et/ou écrire les données. Outre ces éléments mécaniques, les disques durs sont également dotés de mémoire cache permettant d’accélérer les performances et d’un contrôleur gérant ce qu’on appelle les I/O (inputs/outputs), à savoir les entrées/sorties de données. Un SSD fonctionne différemment puisque les plateaux font place à un PCB sur lequel sont soudées des puces mémoire de type DRAM ou NAND Flash. La communication avec le système se fait via un contrôleur qui là aussi va gérer les entrées/sorties. Ce contrôleur se présente sous la forme d'un SoC (System on a Chip) incluant un micro-processeur. C'est lui qui va gérer les transferts de données entre les puces et l'interface Serial-ATA. Dernière puce sur le PCB d’un SSD : une puce mémoire DRAM nécessaire au bon fonctionnement du microcontrôleur. Cette "mémoire" va en quelque sorte agir comme le cache d'un disque dur classique.

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Les entrailles du SSD Intel


De nos jours, une écrasante majorité de fabricants utilisent de la mémoire NAND Flash non volatile permettant de maintenir les données stockées sans batteries. Les SSD basés sur de la DRAM sont plus rares et incorporent une batterie et un système de backup pour parer toute perte de données. Vous aurez compris que ces DRAM SSD sont réservés au monde professionnel et ne nous concerne pas en tant que consommateur final. Ceux dont nous vous parlons depuis des mois sont bien ceux à base de NAND Flash au format 1.8, 2.5 et plus rarement 3.5 pouces.
A ce niveau, on distingue deux types de SSD : ceux à base de puces SLC (Single Layer Chip) et ceux à base de puces MLC (Multiple Layer Chip). Les SLC sont plus rapides que les MLC car elles stockent 1 bit de données par cellule contre 2 pour les MLC. Cela réduit les états possibles (en gros, ils sont réduits à 0 et 1) et leur permet de réagir plus vite et de proposer des débits de lecture et d'écriture plus élevés que les puces MLC. Par contre les puces MLC sont moins chères que les coûteuses SLC car elle peuvent contenir plus de données. Autre avantage des puces SLC : une durée de vie plus importante. On estime en général à 100.000 le nombre d'écritures possibles par cellule contre 10.000 pour une cellule d'une puce MLC.

Avantages du SSD


Les avantages d’un SSD sont multiples. Tout d’abord l’absence d’éléments mécaniques assure à ces disques un silence de fonctionnement incroyable. Pas de bruit de souffle, ni de grattage comme on peut l’observer avec un disque dur classique. Ensuite, le temps d’accès est réduit à son strict minimum vu qu’il ne faut pas attendre une tête de lecture. En termes de performances, certains SSD sont impressionnants, principalement ceux à base de puces SLC. Les débits en lecture et en écriture peuvent atteindre la centaine de Mo/s voire plus. Du coté des MLC, on tourne plus autour des 70 Mo/s dans le meilleur des cas. Mais des exceptions existent comme nous le verrons avec le SSD Intel à base de MLC. Mais ce qui marque avec un SSD, c’est la constance des débits du début à la fin. Avec un disque dur, il arrive toujours un moment où les débits chutent en fonction de l’endroit où se trouvent les données sur le disque ou à cause de la fragmentation des fichiers. La fiabilité ou plutôt la résistance aux chocs est un autre atout d’un SSD. L’absence de mécanisme le rend moins vulnérable qu’un disque dur à ce niveau. En termes de températures de fonctionnement, un disque dur a une température maximale de fonctionnement limitée à 50, voire 55°C. Pour les SSD, on parle plutôt d’un seuil limite fixé aux alentours des 70°C.

Inconvénients


Pour le moment, il y a bien évidemment le prix qui reste nettement plus élevé au Giga-octet qu’un disque dur. Les capacités sont également plus basses que celles d’un disque dur puisque pour le moment la capacité maximale commercialisée est de 256 Go. La norme si on veut rester dans des prix raisonnable est plutôt 32 à 64 Go. Ces SSD ont également un nombre limité de cycles d’écritures par cellule. Comme nous l’avons déjà dit ci-avant, on parle de 10.000 écritures pour les puces MLC et 100.000 pour les SLC. Mais tout dépendra de la qualité des puces et de la manière dont le SSD écrit les données, nous allons y revenir. Certaines puces peuvent par exemple supporter des millions de cycles d’écriture mais coûtent alors bien plus cher. Il peut aussi arriver que l’écriture des données soit parfois moins performante qu’avec les meilleurs disques durs parce que le SSD a pour principe d’effacer des blocs de données importants avant de réécrire d’autres données même si ces dernières sont plus petites que la taille du bloc, nous y reviendrons en détail également.


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Publié le Modifié Par Stéphane Charpentier
Catégorie : Hardware, Stockage
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