Test : Plextor M3 128 Go
Plextor M3 128 Go
Test de rattrapage pour le Plextor M3, petit frère du M3P, moins performant et moins cher, mais toujours garanti 5 ans, polyvalent et rapide.
Il n’y a pas si longtemps, nous vous proposions le test du Plextor M3P, version « Performance » du M3. Nous testions alors un SSD très performant, plutôt cher, mais promettant un service après-vente de qualité avec notamment une garantie appréciable de cinq ans. Seul petit bémol, nous n’avions pas eu l’honneur de pouvoir tester un M3, pour comparer. Il est donc temps de remédier à cela, même si malheureusement nous ne pourrons mettre M3 et M3P sur un parfait pied d’égalité dans notre suite de tests. En effet, c’est un M3 de 128 Go que nous a gentiment prêté Plextor, alors que le M3P que nous avions reçu était un 256 Go. Soit. Quoi qu’il en soit, il est grand temps de faire figurer un M3 dans notre rubrique de tests de SSD. C’est parti !
Le retour de Plextor par la grande porte ?
Une fois la boîte ouverte, on découvre un SSD de 2,5’’ qui, à la différence du M3P, arbore une coque d’un gris métallique plus foncé, et se démarque par une épaisseur de 9,5 mm (contre 7 mm pour le M3P). En revanche, en retirant les quatre vis du capot, on retrouve sur le circuit imprimé la même architecture que le M3P, à savoir un contrôleur Marvell 88SS9174-BL02 et 8 puces de 16 Go de NAND flash de chez Toshiba, gravées à 24 nm et de type Toggle. Sans oublier 256 Mo de cache DRAM. Le tout interfacé en SATA III à 6 Gbps.
La différence se situe donc essentiellement au niveau du firmware proposé par Plextor sur ses SSD. Là où Plextor fait bien les choses, c’est qu’il a pris le soin d’installer un pad thermique sur chacune des puces. Sur la plupart des SSD que nous testons, il n’y a qu’un seul pad thermique visant à aider la dissipation de chaleur du contrôleur. Excès de zèle ? On ne peut que saluer cette initiative quoi qu’il en soit.
Fourni avec visserie, adaptateur 3,5’’ et logiciels de clonage et de sauvegarde, le Plextor M3 se veut complet et performant. Au dos de la boîte, la couleur est annoncée : jusqu’à 510 Mo/s en lecture et 360 Mo/s en écriture séquentielles, et autour des 65.000 IOPS en écriture aléatoire sur blocs de 4K. Nous allons bien sûr vérifier si les promesses sont tenues. A noter que le disque supporte les technologies SMART, TRIM, NCQ et Garbage Collection, qu’il pèse 75 grammes et que son MTBF est donné pour 1,5 millions d’heures. La garantie est une nouvelle fois de 5 ans, et Plextor met en avant ses technologies Instant Restore et True Speed, pensées pour maintenir des performances de haut vol au fil du temps.
Pour pouvoir mettre en relief les résultats obtenus par ce Plextor M3 dans les différents tests auxquels nous l'avons soumis, nous avons sélectionné 14 autres SSD dans la longue liste de ceux déjà passés entre nos mains, en prenant soin d'évincer les nombreux clones sous SF-2281 afin de conserver des tableaux lisibles et non à rallonge. Voici la liste complète des SSD utilisés pour ce test, ainsi que la configuration installée sur notre table de bench :

Configuration de test :
- Processeur : Intel Core i7-3960X à 3,30 Ghz
- Carte mère : Intel DX79SI
- Ventirad : Noctua NH-D14
- RAM : Corsair Vengeance 2 x 4 Go DDR3 1600 MHz
- Stockage : SSD OCZ Vertex 2
- Alimentation : Seasonic 850W 80Plus Gold
- OS : Windows 7 Ultimate 64 bits
![]()
Crystal Disk Mark
Crystal Disk Mark est le premier test que nous avons pris l’habitude de lancer lorsque nous recevons un nouveau SSD. Il permet de mesurer les performances brutes du disque en utilisant des données incompressibles. Le test est lissé sur neuf passes et effectué sur 4 Go de données.



![]()
HDTune
HDTune est utile afin d’obtenir une courbe d’activité du SSD sur l’intégralité de ses cellules. Il permet également de connaître le temps de réponse du disque en lecture comme en écriture, et de se faire une idée de ses performances moyennes.
![]()
ATTO
Avec ATTO, ce sont les performances des disques sur des données hautement compressibles qui sont analysées. Il faut donc se méfier des résultats qu’il offre dans la pratique, mais il permet de constater comment s’en sortent les disques avec ce type de données. Aussi, il permet d’analyser les performances obtenues en fonction de la taille de bloc.



![]()
AS SSD
Si nous mettons de côté les tests classiques d’AS SSD, nous utilisons ce soft pour son outil de copie qui simule la copie d’un fichier ISO, d’un répertoire de jeu et d’un programme. On entre un peu plus dans le concret.

![]()
PCMark 7
La rubrique stockage de PCMark 7 lance une suite de sept tests qui permettent de se faire une bonne idée des performances d’un SSD en pratique. Il brasse toutes sortes d’actions faites au quotidien comme l’importation de photos, l’édition de vidéo, l’ajout de musique, le démarrage d’une application ou le chargement d’un jeu. Il a aussi l’avantage de donner un score final qui permet, en un clin d’œil, de situer le disque par rapport à d’autres.

![]()
Test de décompression
Pour ce test pratique, nous copions une archive RAR de 22,2 Go découpée en 153 fichiers sur le disque où nous lançons la décompression avec 7Zip, mesurant le temps nécessaire pour que l’opération se termine, ce qui sollicite à la fois le SSD en lecture et en écriture.

![]()
Tests de copie
Nos tests de copie sont effectués depuis un RAMDISK créé à l’aide d’ImDisk, afin d’éviter toute limitation du côté de la source de lecture. Nous effectuons la copie de trois dossiers, le premier pesant 964 Mo et étant uniquement composé de 65.000 très petits fichiers d’une taille inférieure à 32 Ko. Puis nous copions un dossier de 3,1 Go composé de 638 fichiers MP3 de 5 Mo et enfin un dossier de 2,92 Go composé de 6 fichiers d’environ 500 Mo chacun, également très faiblement compressibles.

![]()
D'entrée de test, le Plextor M3 semblait vouloir s'installer - dans les résultats obtenus - juste derrière la version Performance. Mais au fil et à mesure des benchmarks réalisés, sa capacité de 128 Go l'a clairement handicapé et il ne serait pas très honnête de le comparer directement avec le M3P qui le distance la plupart du temps. Cette précision faite, on constate que le Plextor M3 offre des performances intéressantes.
A l'aise en lecture sur les données compressibles et incompressibles, son firmware semble toutefois développé de sorte à "brider" quelque peu ses performances en écriture, bloquées dans un cas comme dans l'autre autour des 205 Mo/s avec une précision telle que cela en est louche. En revanche, il délivre des IOPS très corrects en aléatoire, ce qui prouve bien sa faculté à traiter un grand nombre d'opérations en entrée comme en sortie.
En passant sur des tests un peu moins théoriques, et un peu plus pratiques, comme les tests de copie d'AS SSD ou ceux du benchmark "storage" de PCMark7, on constate des performances variables. Ainsi, sur la copie d'un fichier ISO, le M3 est le SSD le plus rapide de notre panel de test. En revanche, sur la copie d'un fichier de jeu, il se classe dans la seconde partie du peloton, sans briller. Sous PCMark7, il remonte un très bon score et se détache - justement - dans le test "gaming", mais aussi dans le démarrage d'applications. Ses excellents temps de réponse jouent sans doute en sa faveur, tout comme ses capacités en lecture. Pour juger l'écriture en conditions réelles, notre test de décompression est un bon début. Et c'est là que les limites (artificielles) de son firmware lui font peut-être du tort, puisqu'il est en bas de classement et se fait doubler par tous les autres SSD de 120/128 Go de notre test. En revanche, il s'en sort relativement bien en écriture depuis un Ramdisk, étant aussi rapide que le M3P sur les petits fichiers, et parmi les tous meilleurs dans cet ordre de capacité sur les gros et moyens fichiers.
Le bon choix ?
Cet état des lieux des performances étant fait, vient la question qu'il est obligatoire de se poser : le Plextor M3 est-il un modèle de SSD à conseiller à ceux qui cherchent du stockage flash ? On pourrait y répondre sans jeter un oeil au prix, en disant qu'il s'agit à l'évidence d'un bon SSD, rapide, garanti cinq ans avec enlèvement sur site pendant trois ans, bénéficiant du suivi Plextor, qui pourra peut-être même encore évoluer niveau perfs avec un nouveau firmware, tout en promettant des débits maintenus à haut-niveau dans le temps (les démonstrations - qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant - que nous avait fait Plextor il y a quelques temps sur des disques "usés et sales" étaient assez convaincantes). Mais le paramètre du prix est trop important en matière de SSD pour être éclipsé.
En faisant un tour sur Rue-Hardware pour constater les prix pratiqués sur cette référence par les revendeurs spécialisés, on constate que le Plextor M3 de 64 Go débute à 95€ (soit 1,48€ le Go), que celui de 128 Go démarre à 152€ (soit 1,19€ le Go) et que le 256 Go est affiché à partir de 286€ (soit 1,12€ le Go). Des prix "raisonnables" si l'on tient compte de la garantie étendue, qui restent toutefois assez élevés compte tenu de la tendance actuelle de baisse des prix des SSD. Surtout, on constate que le M3P n'est accessible que pour quelques euros de plus. Ainsi, le M3P de 128 Go se trouve à partir de 170€, et celui de 256 Go à partir de 315€.
C'est respectivement 14 et 11 centimes au Go supplémentaires, peut-être intéressant pour les consommateurs qui ne sont pas à quelques dizaines d'euros et cherchent avant tout les meilleures performances. Même si à ce petit jeu là, le Vertex 4 d'OCZ, le Samsung 830S voire les HyperX de Kingston font toujours la loi sur la plupart des tests. Et globalement, on en conclut que le prix du M3 est sans doute son plus gros handicap. Du coup, même point de vue que pour le M3P, on regrette que Plextor ne fasse pas plus d'effort sur le prix pour marquer les esprits.










Il y a 6 commentaires sur cet article