Test : SanDisk ReadyCache

Ajouter un SSD de 32 Go à son système pour bénéficier des bienfaits du stockage hybride, en toute simplicité, c'est la promesse faite par SanDisk avec son ReadyCache, vendu moins de 50€. Qu'est-ce que cela donne dans la pratique ?

"Avec la solution SanDisk ReadyCache, les utilisateurs n’ont pas besoin de remplacer leur disque dur, de copier leur système d’exploitation, de procéder à de longues installations ou à des migrations de données. Le produit est fourni avec un kit d’installation qui inclut un câble SATA, un support de fixation de 3,5 pouces et des vis. Le logiciel est simple à télécharger et à installer"... Cette déclaration sonne comme une promesse pour quiconque est intéressé par le stockage hybride, qui consiste à coupler un peu de mémoire NAND flash à son disque dur à plateaux traditionnel pour accélérer le chargement des données les plus sollicitées, et donner un coup de fouet à son ordinateur côté réactivité.

Avec son ReadyCache, SanDisk entend donc démocratiser cette solution grâce à un produit (développé autour de la solution logicielle d'hybridation de Condusiv) facile à installer et censé montrer de bons résultats quasi immédiatement. Forcément, à peine était-il annoncé que nous décrochions notre téléphone pour tenter de nous procurer ce ReadyCache, afin de vous en proposer le test que voici.

De la MLC dans mon cache SSD ?!

Dans les faits, la boîte rouge vif du ReadyCache de SanDisk cache un bundle classique mais complet. De quoi connecter le SSD à son système en SATA (II ou III) et l'installer dans un emplacement 3,5". Pour le reste, c'est direction le site Internet du constructeur, afin de télécharger le fameux logiciel facile à l'emploi qui gère l'hybridation, et consulter le guide d'installation.

SanDisk ReadyCache (1)      SanDisk ReadyCache (7)
Consulter la galerie complète (9 photos)

En soi, le ReadyCache est donc un SSD de 32 Go. A l'ouverture, on se rend compte que sa carte et ses puces n'occupent qu'un tout petit espace dans le boîtier 2,5" en plastique. Son architecture est très simple, comprenant un petit contrôleur maison et quatre cellules de 8 Go de NAND flash. Après recherche sur d'obscurs forums asiatiques (et dans l'attente d'une confirmation de la part de SanDisk qui tarde à venir), il semblerait que la mémoire utilisée par ce ReadyCache n'est pas de la NAND en SLC, mais bien de la MLC gravée en 24 nm. Ce n'est donc pas vraiment une bonne nouvelle, sachant qu'un cache SSD de petite taille est très sollicité en écriture - son algorithme analysant en permanence le comportement de l'utilisateur pour garder en cache les données les plus sollicitées.

Or, pour ce type d'usage, la mémoire SLC stockant 1 bit par cellule (plus chère, plus performante et plus endurante puisque garantie pour 100.000 cycles d'écriture) est vivement conseillée, bien que rien n'empêche de la MLC (10.000 cycles) de tenir ce rôle. La preuve, comme SanDisk, la plupart des fabricants de cache SSD à prix compétitifs optent pour de la MLC. Soit. Il convient donc toutefois de se poser quelques questions quant à la longévité du ReadyCache, auxquelles seule une utilisation sur plusieurs mois/années pourrait malheureusement apporter des réponses. A noter que le ReadyCache fonctionne sur toutes les configurations de périphériques de stockage au niveau du BIOS de la carte-mère (Legacy, IDE, AHCI), mais nécessite Windows 7 et un connecteur SATA II ou SATA III de libre.

Une installation super simple, mais un nombre d'activations limitées

L'installation du ReadyCache, vantée comme étant extrêmement facile, l'est effectivement sur le papier : on installe le SSD, on démarre sa machine, on installe le logiciel ExpressCache (132 Mo), on démarre le service, on redémarre son système, et c'est parti. Aucune migration ou réinstallation ne sont effectivement nécessaires pour bénéficier d'une accélération de son stockage.

SanDisk ReadyCache - Captures (1)
188 Ko/s sur une connexion en fibre à 100 Mbits... Les serveurs de SanDisk sont à la traîne

De notre côté, la procédure d'installation s'est montrée un peu plus capricieuse. A la base, nous avions choisi une plateforme de test haut-de-gamme, et dotée d'une carte mère Intel en socket LGA 2011, avec chipset X79 (DX79SI). Mauvaise pioche, cette machine n'a jamais été en mesure de terminer l'installation du logiciel ReadyCache, et pour cause, le message d'erreur suivant nous était systématiquement renvoyé : "N'a pas détecté de système ReadyCache sur la machine". Pourtant, dans l'utilitaire Windows de gestion des disques, le SanDisk ReadyCache de 32 Go était bien visible. Ce n'est malheureusement pas la première fois que cette plateforme nous pose problème avec des SSD (certains logiciels de mise à jour pour disques flash posaient problème). Mais il en faut plus pour nous arrêter. Après avoir perdu quelques heures, on change de plateforme et on recommence sur un chipset Intel H67.

SanDisk ReadyCache - Captures (2)           SanDisk ReadyCache - Captures (8)
Le SanDisk ReadyCache visible dans la gestion des disques et l'interface du programme ExpressCache

Cette fois-ci, la procédure d'installation se déroule sans encombre. Notons qu'elle nécessite l'installation du framework Microsoft .NET 4.0. Au terme de celle-ci, et avant de pouvoir activer l'hybridation, le logiciel ExpressCache nous demande un code d'activation ! Pour quoi faire ? Pour activer le logiciel, tout simplement. Ce code est fourni dans la boîte, aucun problème à ce niveau-là, mais c'est en lisant les petites lignes et en consultat la FAQ en ligne que l'on constate que le nombre de machines sur lesquelles on pourra installer ce ReadyCache est limité à 3.

Certes, on pourra installer indéfiniment le logiciel sur une machine qui a été authentifiée comme valide, mais l'on ne comprend pas l'intérêt de limiter le nombre d'installation dans l'absolu. C'est absurde, surtout que cela dérangera ceux qui changent souvent de configuration et souhaiteraient continuer à utiliser le ReadyCache sur la longueur. Ce qui n'est pas inenvisageable pour un produit qui est garanti 3 ans... Espérons que le service client se montrera conciliant envers ceux qui disposeraient d'une preuve d'achat pour obtenir un nouveau code d'activation...

SanDisk ReadyCache - Captures (6)          SanDisk ReadyCache - Captures (9)
Avant de pouvoir accéder au logiciel (et à son moniteur de mémoire cache) il faut valider l'installation
avec une clé... Problème, cette clé ne donne droit à une installation que sur trois machines !

Un gain en performances appréciable, mais ça vaut pas un bon SSD

Une fois l'installation effectuée, on passe d'emblée aux tests de performances. De ce côté, les promesses de SanDisk n'étaient pas en reste, puisque le fabricant prônait un démarrage de Windows jusqu'à 4 fois plus rapide, et temps de réponse jusqu'à 12 fois meilleur. Inutile de dire que les conditions dans lesquelles ont été vérifiés ces chiffres, nous n'avons pas été en mesure de les reproduire. Et pour cause, dans son argumentaire, SanDisk se base sur les performances de son cache SSD utilisé en temps qu'unité de stockage à part entière (monté en disque système par exemple). Il faut donc, comme souvent, faire attention aux promesses marketing...

Toujours est-il que oui, le ReadyCache accélère le système et améliore sa réactivité. C'est indéniable. Pour mesurer les gains obtenus, nous avons conduit quelques tests sur une machine installée proprement sous Windows 7 64-bit (Core i5-2500K, Asus P8H67, 8 Go DDR3), d'abord avec le disque dur seulement (Western Digital Caviar Green 1 To - 64 Mo de cache - 5400 trs/min), puis après avoir installé le ReadyCache. Les chiffres du tableau ci-dessous concernant le HDD seul sont des moyennes sur trois passes. Et les résultats avec le ReadyCache sont indiqués pour chaque passe, afin de voir si - en assimilant notre comportement - le logiciel met davantage de données en cache et donne de meilleur résultats dans le temps.

TEST SanDisk ReadyCache HDD Seul ReadyCache 1 ReadyCache 2 ReadyCache 3
Boot à froid 63 40 36 36
Boot sans démarrage du BIOS 34 19 19 19
Mise en veille prolongée 10 10 8 8
Sortie de veille 25 25 23 23
Photoshop CS5 + image de 46 Mo 17 10 3 2,9
Word + document de 26 Mo 5,6 5 0,8 0,7

Tous les résultats sont exprimés en secondes

Histoire d'aller au bout des choses, nous avons également souhaité tester les performances brutes de ce SSD pensé pour le cache. SanDisk annonçait des débits de 480 Mo/s maximum en lecture. Forcément, on a voulu vérifier. Qu'à cela ne tienne, on stoppe la mise en cache, on supprime le volume hybride créé, on reformate et on teste. Sous CrystalDiskMark (données incompressibles), la première passe remonte un débit de 474 Mo/s en lecture séquentielle. SanDisk tient donc ses promesses, même si son ReadyCache est plus léger en écriture séquentielle (120 Mo/s) et s'effondre en 4K (7312 IOPS en lecture, 1258 IOPS en écriture). Concernant le temps d'accès, on passe de 15,6 ms sur notre disque dur Western Digital à 0,0355 ms sur le ReadyCache. En revanche, les mêmes tests réalisés sur le système hybrides donnent des résultats farfelus et biaisés, indiquant même selon les logiciels des pertes de performance.

Ce n'est évidemment pas le cas en pratique, comme le prouve notre tableau. Une fois la mise en cache activée et quelques passes réalisées pour bien faire comprendre au système quelles données sont fréquemment lues, on arrive à gagner 27 secondes sur un boot à froid de la config' et 15 secondes sans prendre en compte le temps de chargement du BIOS. Peu de gain sur la mise en veille prolongée, que ce soit lors de son déclenchement ou lors de la sortie de veille, mais il faut savoir que sur une veille "légère" la chose est quasi instantanée. Sur les logiciels, le gain est également très appréciable, divisant par 5 à 8 environ les temps de lancement de Photoshop CS5 ou de Word associés à des fichiers. A l'usage, les programmes les plus sollicités deviennent réellement plus réactifs (le navigateur Internet démarre en un éclair, la boîte mail aussi...). Bref, le contrat est rempli.

SanDisk ReadyCache (5)Reste, pour conclure, la question du prix et de la pertinence d'un tel produit. Ses avantages sont nombreux, à commencer par la facilité d'installation du ReadyCache qui n'oblige pas à réinstaller ou migrer quoi que ce soit. Aussi, le gain en réactivité et en vitesse de chargement du système ou des applications les plus utilisées est avéré.

A moins de 50€, le ReadyCache est donc une solution très intéressante. Mais il ne faut pas oublier que pour un prix à peu près similaire (cf. les prix des SSD 64 Go triés par prix), on peut aussi envisager l'achat d'un SSD performant de 64 Go, sur lequel tiendra le système et quelques programmes, et qui offrira des performances d'un tout autre ordre. Certes, cela oblige à réinstaller sa machine, et l'on sera limité en capacité, mais c'est une solution également valable. A chacun de voir quelle solution sera préférable en fonction de son budget, de ses attentes et de ses compétences informatiques. Car qu'on se le dise, n'importe quel novice en informatique est capable d'installer ce ReadyCache. Niveau accessibilité, SanDisk a vraiment une carte à jouer.

LE VERDICT

Avec le ReadyCache, SanDisk propose une solution intéressante pour quiconque souhaiterait accélérer sa machine grâce à la NAND flash sans avoir à réinstaller son système, ni à migrer ses données. Un cache SSD simple à installer, et qui montre des résultats probants après les premiers redémarrages. Sans atteindre les performances d'un vrai SSD dédié sur lequel on aurait installé son système, c'est une solution viable.

Les plus
  • Chargements accélérés
  • Réactivité du système améliorée
  • Facilité de mise en œuvre
Les moins
  • Endurance ? (MLC)
  • Limite de 3 activations pour le soft
  • Plus cher que certains SSD de 64 Go

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