Test : Dell XPS 10

Après quelques hésitations et essais infructueux, Dell a bien été obligé de prendre le train des tablettes, en marche depuis un moment. Le constructeur américain a donc décliné sa gamme XPS en différents modèles, dont certains destinés à accueillir Windows RT. C’est le cas de la XPS 10 qui nous intéresse ici, véritable concurrente à la Surface de Microsoft.

La Dell XPS 10 fait partie de ces appareils hybrides, à mi-chemin entre la tablette et le PC portable, grâce à la possibilité d’y rattacher un clavier. On se retrouve donc, au choix, avec un ultraportable ou une tablette, sachant que le clavier en question fait aussi office de dock permettant de gagner quelques heures d'autonomie. Un concept intéressant, qu’on retrouvait déjà sur des machines telles que la Transformer Pad d’Asus, mais sous Android.

Au déballage, la XPS 10 fait bonne impression, grâce à un design à la fois réussi et qui inspire la robustesse. Les angles arrondis et les bandes noires brillantes autour de l’écran évoquent le dernier iPad, tandis que le revêtement antidérapant au dos est très agréable au touché. Rien à redire non plus sur les boutons de volume et d’arrêt, bien placés.

Dell XPS 10 (5) Dell XPS 10 (4) Dell XPS 10 (1)
Consultez la galerie complète (12 photos)

Du côté du clavier, là aussi, c’est un quasi-sans-faute : passées quelques minutes d’adaptation à son petit format, la frappe est très souple et les erreurs se font rares. Le système d’attache de l’écran/tablette, s’il n’est pas le plus intuitif que l’on ait vu (la Surface fait bien mieux sur ce point) semble en revanche taillé pour les gens peu soigneux, tant il parait résistant. Tout cela fait que le design et l’ergonomie de la XPS 10 nous ont semblé très satisfaisants, malgré un poids total (tablette + clavier) et une épaisseur discutables : 1,3 kg pour 1,7 cm. Dans cette configuration, la machine de Dell appartient davantage à la catégorie des petits portables classiques.

Cinq sur cinq pour l’autonomie

La connectique du XPS 10 n’est pas non plus en reste : deux ports HDMI (un micro sur la tablette, un classique sur le dock), deux ports USB sur le clavier et un slot micro SD. Du déjà vu, mais du complet. On y trouve évidemment du Bluetooth et du WiFi, mais pas de NFC, ainsi qu’une compatibilité LTE en option. Un mot sur l’écran, qui se place dans la moyenne haute des tablettes du moment. Avec son écran 10,1 pouces et une définition de 1366 x 768, il affiche des couleurs fidèles, une luminosité satisfaisante et assez peu de reflets. De quoi mettre en valeur l’interface Modern UI, esthétiquement irréprochable. Après quelques jours de manipulation, la solidité du verre Gorilla Glass a également fait ses preuves.

Dell XPS 10 (7) Dell XPS 10 (9)
Le connecteur du dock n'est pas extrêmement pratique à utiliser

Pour le moment, la XPS 10 apparait donc comme une bonne tablette à la finition et au hardware très correct, une impression qui se confirme avec l’autonomie de l’appareil, qui affiche de très bonnes performances, notamment grâce au système de dock/batterie. Hors connexion au clavier, une vidéo en 720p peut tourner pendant 7h30 avant que l’alimentation ne se coupe. Une fois la tablette connectée, c’est presque 6h d’autonomie supplémentaires qui vous attendent. Au total, donc, la XPS 10 peut tenir jusqu’à 13h30. C’est tout simplement un excellent résultat.

De bonnes perf’, malgré Windows RT

Équipée d’un processeur Snapdragon S4 double cœur à 1,5 Ghz et de 2 Go de RAM, la tablette de Dell s’est montrée plutôt véloce en toutes circonstances, même si quelques bugs ont fait leur apparition durant notre test. Il est arrivé, par exemple, que l’écran de verrouillage de Windows RT se bloque et réagisse très mal à notre touché, ou que la luminosité baisse d’un seul coup, sans raison… Un comportement étrange, que l’on pourrait facilement mettre sur le dos de l’OS, même si nous n’avions pas constaté ce genre de problème avec la Surface. Mais, quoi qu’il en soit, ces désagréments ont été rares et, plus généralement, la fluidité d’utilisation a été largement au rendez-vous. Sur un benchmark en ligne comme Sunspider, la XPS 10 se paye même le luxe de dépasser la Surface et son Tegra 3 (974 ms contre 1005 ms pour la machine de MS). Nous avons constaté par contre une légère surchauffe à l’arrière lors de la lecture en continu d’une vidéo en 720p.

Dell XPS 10 (6) Dell XPS 10 (3)
Ouverte ou fermée, la XPS 10 bénéficie d'une très bonne finition

Au final, le principal défaut de la Dell XPS 10, comme la Surface, ne vient pas de l’appareil en lui-même, mais de son OS. Windows RT, malgré les bonnes idées issues de Windows 8 et Windows Phone (l’interface Modern UI est un modèle de design, quoi qu’on en dise) reste toujours un système qui a le fessier entre deux chaises, tiraillé entre l’envie d’être un vrai OS mobile et son héritage issu des PC de bureau. D’autant plus que l’on est obligé de passer par le store pour installer la moindre application et que celui-ci reste désespérément vide. Nous n’allons pas ici refaire une critique complète de WRT et nous vous invitons à consulter le test de la Surface pour un avis plus approfondi, mais sachez que notre position n’a pas vraiment changé : en l’état, Windows RT est système d’exploitation trop bancal pour rivaliser avec la concurrence.

Meilleure que la Surface ?

Du coup, à qui s’adresse la XPS 10 ? Aux allergiques à Android et iOS, séduits par le design très aguichant de Modern UI ? Probablement. À ceux qui souhaitent acquérir une tablette, mais ne peuvent pas envisager l’achat sans le clavier qui va avec ? Sans doute. Reste à juger la question du prix qui, à première vue, est légèrement au-dessus de celui d’une Surface. Sans dock, la XPS 10 32 Go coute 479€ alors que la Surface 32 Go avec Touch Cover est facturée 589€. Si vous optez pour le modèle d’XPS 10 le plus cher, c’est-à-dire la version 64 Go + dock, il vous en coutera 719€. La Surface 64 Go avec Touch Cover, elle, est à 689€. Mais attention : l’écart de prix nous semble ici justifié, puisque le clavier de la XPS 10, en plus d’être plus confortable qu’une Touch Cover, est aussi un sérieux argument pour l’autonomie. Au final, et pour ces raisons, la tablette de Dell nous parait plus intéressante que celle de Microsoft. À moins d’être totalement réfractaire au poids et de vouloir un écran légèrement plus grand (celui de la Surface fait 10,6’’, contre 10,1'' pour la Dell), la XPS 10 apparait comme la tablette du moment sous Windows RT… Avec les défauts que cela implique, liés à son OS.

LE VERDICT

La Dell XPS 10 apparait comme une belle tablette hybride, à la finition impeccable et à l’autonomie plus que confortable, grâce à la présence d’un dock clavier/batterie. Sur la forme, il n’y a presque rien à redire, mais le choix d’utiliser Windows RT reste toujours aussi discutable. Si Microsoft fait correctement évoluer son OS, alors l’achat vaudra certainement le coup.

Les plus
  • Très bonne autonomie
  • Un clavier agréable
  • Ecran de qualité
Les moins
  • Quelques bugs étranges
  • Le choix de Windows RT, discutable

Les commentaires sur ce document sont clos.

Publié le Par
Catégorie : High-Tech, Tablettes
2 commentaires
GALERIE D'IMAGES
POUR NOUS SUIVRE...
newsletter

ACTUALITÉS
Macworld
PCWorld