Les concurrents de Free Mobile auraient pu anticiper facilement

Le président de l'Arcep, auditionné par une Commission de l'Assemblée nationale, est revenu sur l'entrée de Free Mobile sur le marché des télécoms.

Les concurrents de Free Mobile se sont, au cours des derniers mois, régulièrement tournés vers l'Arcep - régulateur des télécoms - pour se plaindre des conditions dont a bénéficié le nouvel entrant sur le marché français de la téléphonie mobile. L'Arcep qui, de son côté, se dit très heureux de voir davantage de concurrence s'immiscer sur le marché, puisque cela bénéficie directement à l'abonné. Accusé de ne pas avoir suffisamment bien évalué l'impact de l'arrivée d'une quatrième opérateur sur le marché, l'Arcep a tenu à s'expliquer une nouvelle fois par la voix de son président Jean-Ludovic Silicani, à l'occasion d'une audition devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Jean-Ludovic SilicaniJean-Ludovic Silicani a commencé par rappeler un fait incontestable : "Partout en Europe, on trouve quatre opérateurs fixe/mobile. Toutes les études prouvent qu'en France, le prix du mobile était plus élevé qu'ailleurs. Et le choix de faire de la place à un nouvel entrant a été fait dès 2000, lors de la décision relative à la distribution des fréquences 3G".

A partir de là, selon lui, personne ne peut dire avoir été pris de cours. Le président de l'Arcep n'hésite d'ailleurs pas à expliquer que ceux qui se plaignent aujourd'hui, auraient pu gérer la situation différemment. "S'ils avaient pensé en 2006/2008 à passer un accord de full-MVNO avec Free, la question ne se serait pas posée et ils ne seraient pas dans cette situation, peut-être Free n'aurait-il pas déployé de quatrième réseau mobile. C'est un choix de leur part : ils ont tout fait pour bloquer l'essor des full-MVNO en France alors qu'ils se multipliaient à l'étranger" déclare-t-il.

Ne pas tout mettre sur le dos de Free Mobile

Quant au prix de la licence payé par Free Mobile, que ses concurrents estiment bradée, là encore Jean-Ludovic Silicani remet les choses à plat : "Si les conditions étaient si favorables, si le prix était si peu élevé, d'autres opérateurs auraient sauté sur l'occasion pour se porter candidat. Or, malgré nos efforts, un seul opérateur a concouru". Le prix payé pour la licence est selon lui logique, car Free Mobile dispose d'un volume de fréquences plus faible. Sans compter que le nouvel opérateur est arrivé avec beaucoup de retard sur ses concurrents.

Enfin, la dernière question épineuse concerne les conséquences de l'arrivée de Free Mobile sur l'emploi, puisque ses concurrents licencient pour retrouver leurs marges, et délocalisent de plus en plus : "Je rappelle que le secteur connaît une baisse tendancielle de ses effectifs, donc c'est un peu facile de tout mettre sur le dos de Free (...) Pour les emplois directs nous en sommes à 1 600 postes supprimés via des départs volontaires. Pour les emplois indirects, cela dépend des stratégies des opérateurs mais 1 500 emplois pourraient être touchés (...) De son côté, Free aurait récemment crée 2 000 emplois notamment via le lancement de deux centres d'appels en région parisienne. En tout nous avons donc 3 000 en pertes et 2 000 en gains donc le solde est négatif de 1 000 emplois".

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